« Dans quel monde Vuitton ? », « Dior’s et déjà condamné », « Pas de Cartier » …

Si vous aimez le street-art, vous aurez certainement remarqué le travail de EZK : Art Against Poverty. Et peut-être même sans vous en rendre compte. Le principe est simple : un recouvrement illustrant un enfant, seul, qui semble désemparé, auquel l’artiste ajoute un message percutant détourné d’une célèbre marque, généralement de luxe.

Ici, EZK s'amuse à détourner la marque Vuitton
Ici, EZK s’amuse à détourner la marque Vuitton

Je me baladais tranquillement dans les rues de Bordeaux, un sac Zara à la main. Non loin des galeries Lafayettes, quand à un angle de la rue Sainte-Catherine, EZK m’a grillé.

Plus tard dans l’après-midi, sur les quais de Bacalan, alors que je continuais mon shopping de rentrée vers le Quai Des Marques, EZK m’a retrouvé : un autre de ses recouvrements y était déjà figé. Le message est fort, l’effet est assuré. Comme des témoins impuissants de notre appétit matériel, ces enfants semble nous dire « et toi ? ».

Cette fois EZK détourne la célèbre marque de bijoux Cartier
Cette fois, EZK détourne la célèbre marque de bijoux Cartier

Contacté par mail, le street-artist EZK à répondu à quelques questions :

Tu nous en dis un peu plus sur toi ?

Je suis un français moyen sans prétention. J’ai toujours été attiré par le visuel. Dès le lycée j’ai suivi un cursus en rapport avec « l’art »: lycée avec bac littéraire arts plastiques, fac d’histoire des arts et enfin communication.

Paris, Nantes, Angers, Bordeaux, La Faute … Tu dissémine ces petits graph’ un peu partout, que cherche tu à communiquer ?

Je n’ai aucune prétention envers les personnes qui voient mes recouvrements . On aime, on n’aime pas, peu importe, l’essentiel est d’avoir été vu et de participer à mon échelle au questionnement collectif. Je ne cherche pas à donner de leçons. Juste mettre les spectateurs face a une question. Où vous situez vous ? Mon seul et unique but est de provoquer une émotion. Cette émotion pourra être due évidemment au message porté mais aussi par le visuel réaliste ce qui permet une « lecture » accessible dès le plus jeune âge.
Concernant les marques « associées » aux slogans, il ne s’agit pas de les stigmatiser mais uniquement de les détourner et de les utiliser pour les valeurs et la symbolique qu’elles véhiculent à l’opposé du visuel.

« Mettre les spectateurs face à une question… »

"Dans quel monde Vuitton ?" EZK
« Dans quel monde Vuitton ? » EZK

SweetLife : On tombe sur ces oeuvres un peu par hasard, mais les endroits que tu choisis ont l’air bien déterminé. Ce n’est qu’une impression ?

EZK : Comme une entreprise qui cherche a communiquer, je cherche les endroits les plus passagers. Ainsi les grosses villes touristiques ou universitaires garantissent une exposition optimale. J’ai une grosse faiblesse pour les villes chargées d’histoire, avec de nombreuses ruelles. Paris est irremplaçable, mais des villes comme la Rochelle ou encore Lyon sont très intéressantes. On y trouve des « couleurs » de murs intéressantes. Cependant, je travail principalement le noir et le blanc: le béton gris reste donc la couleur idéale. Un paradoxe de plus…

SweetLife : Tu as développé une autre série de recouvrement: « Art Wars », de quoi s’agissait-il ?

EZK : Il s’agissait encore une fois d’un slogan. Quand j’ai testé plus sérieusement la technique du pochoir, j’ai commencé par faire des petits trucs simples du type Lego Star Wars. Alors j’ai trouvé ce slogan qui était un anagramme imparfait de Star Wars.

Art Wars: une autre série de EZK
Art Wars: une autre série de EZK

SweetLife : Des projets futurs ?

EZK : Porter ma série « Art Against Poverty » le plus loin possible, et pour le reste ma superstition m’oblige à rester muet.

SweetLife : Des histoires croustillantes à nous raconter à propos de ces graph ?

EZK : J’ai jamais eu de personnes vraiment hostiles. Les gens hostiles ne s’arrêtent pas mais passent tout simplement leur chemin. J’agis quasiment systématiquement en pleine journée à la vue de tous. Les gens qui m’abordent sont plutôt curieux de voir un mec faire ça en pleine après-midi alors ils s’arrêtent pour voir ce qui va sortir de ces bombes. Deux minutes plus tard quand c’est fini, les langues se délient. C’est à ce moment là que c’est intéressant.

EZK, le street-artiste qui nous ouvre les yeux

Dior's et déjà condammé

Vous pouvez suivre EZK sur instagram : @ezkstreetart

http://ezkstreetart.bigcartel.com/