Nous voici le 3 mai, temps maussade sur Paris mais pas de quoi décourager les aficionados de la concrete. Le rendez vous était pris, l’événement Facebook comptait plus de 7000 participants attendus pour accueillir sur la barge Nina Kraviz, James Ruskin, Reeko, Blaise, Behzad & Amarou.
Il me restait assez d’énergie en cette fin de weekend pour profiter des sets de Reeko (14 à 17h) et de Nina Kraviz (17 à 19h). Agréable surprise en arrivant, aucune attente à l’entrée et, déjà beaucoup de monde à l’intérieur !

Avant de vous parler de notre poupée russe préférée, il faut rendre hommage à Reeko, le dj espagnol nous a gratifié d’un set d’une grande qualité. Autant vous dire, il ne fait pas dans la dentelle, on est pas venu écouter de la funky house et on le sait dès qu’on pose un pied sur la barge. On a eu droit à un set de techno éclectique, avec des snares galopants parfois tribaux, mais toujours une lourde ligne de basse constante. Un excellent set qui était bien plus qu’une simple préchauffe avant l’entrée de la tête d’affiche.

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Arrivée sur le bateau de Nina Kraviz, sous les cris et les applaudissements d’une foule déjà conquise.
A la grande époque du jazz, il se disait que les musiciens sont comme les bédouins, ils bougent comme le vent. Aujourd’hui à l’ère des Dj, celle-ci est une petite tornade derrière ses platines.

L’instant de poésie est terminé, il fait chaud dans le bateau, très chaud. Nina commence son set d’une techno brute qui la caractérise, sans fioritures et sans détours. La température monte, la Dj est en sueur dans sa cabine, et nous on dégouline dans une atmosphère de bonheur, les sourires sont sur tous les visages et sont communicatifs.

Pendant une bonne demi-heure nous profitons d’un set bien travaillé, « the acid queen » s’échauffe en se mettant sur la pointe des pieds sur chaque kick et nous entraîne dans des sonorités acides, presque hypnotiques. Et là, quelques serviettes et 2 ventilateurs ramenés près d’elle plus tard, la foule prend sa première gifle avec une version raccourcie et survoltée de « imprv »

La foule se resserre, la Dj se met a danser en sentant la communion avec son public se créer.
Quelques minutes plus tard, nous la voyons rugir comme une lionne sur le titre complètement fou « demented or just crazy »

Jusqu’à la fin nous aurons droit à une montée en puissance et une énergie sans faille. En sortant après son set, le soleil était revenu sur Paris, comme si les vibrations du bateau avaient chassé les nuages !

Il y a de nombreux types de Dj, ceux qui sont talentueux dans le passage des disques, ceux qui recherchent ce qui transcende la foule pour lui apporter, et ceux qui t’amènent petit à petit dans leur univers et te font voyager. Une chose est sûre, Nina Kraviz fait partie de cette dernière catégorie, et pour ça merci !

Un remerciement également à la concrete, qui nous permet ces voyages avec une prog au top, tous les weekend.