Fin aout, ça sent la fin des vacances et la rentrée qui approche… pas question de retourner au boulot sans se faire un dernier festoche. Ca tombe bien, dernière semaine d’aout, le festival Forte s’installe pour 3 jours dans une forteresse médiévale au Portugal ! Check du line up : une trentaine d’artiste dont la crème de la crème : Marcel Dettmann, Marc Houle, Ben Klock, Marcel Fengler, Paul Kalkbrenner, Gaiser, Function… la liste est interminable, que des monstres ! Check du prix : 70€ le pass incluant un before la veille, un after le dimanche et l’hébergement au camping à côté. Au top ! Mais comment peuvent-ils proposer à ce prix 54h de teuf avec de tels artistes ? Raison de plus pour y aller et vérifier ça. Hop je chope Hugo mon pote ivrogne et technophile, sacs à dos parés, billets d’avion achetés, direction le fort de Montemor-o-Velho !

festival forte

J1 – Le before au pied du fort

Nous voilà fraichement débarqués à Figueira da Foz, petite ville au bord de l’océan à quelques kilomètres du festival. On se prend des lits dans une auberge de jeunesse (le camping c’est pas mon truc) où nous rencontrons une jolie brésilienne venue en solo exprès pour le festival. Les bagages à peine posés elle nous briefe : « des navettes gratuites font l’aller-retour entre Figueira da Foz et Montemor-o-Velho, le before et l’after ont lieu dans un club au pied du fort et la réceptionniste de l’auberge ne sait pas où acheter du LSD » (elle venait de lui demander). Echange de regards inquiets avec Hugo, est-elle sérieuse ? Mais pas le temps de vérifier, la navette va passer.

 flyer festival forte

Après 15 minutes de route nous voilà sur le site du festival, on récupère les bracelets et nous filons dans le club où Manu, premier artiste à ouvrir la soirée, nous attend avec un set bien deep idéal pour se mettre dans le bain. Arrive ensuite Subjected, Developer puis Adam X pour nous tabasser à coup de sons bien durs et puissants. Le public les acclame à chaque fin de set ; ça c’est de la bonne techno comme on l’aime. Pour finir en beauté la colombienne Adriana Lopez s’empare du booth : grosse claque. Technique impeccable, c’est pointu, c’est violent et c’est passé trop vite, le dancefloor en veut encore ! Tout le monde est unanime à la sortie du club : c’était brillant, on a pris cher et vivement demain.

festival forte

J2 – A l’assaut du château !

« Nous partîmes 300 du before et par un prompt renfort nous nous vîmes 5000 en arrivant au fort » comme dirait (plus ou moins) Corneille. La forteresse se dresse devant nous juchée en haut de sa colline et accessible uniquement par une série de 4 escalators ou par 169 marches (oui, on les a comptées !). La nuit démarre par le fascinant show Lumière II de Robert Henke, une projection de lasers formant des motifs qui évoluent au grès de la musique. Une performance envoûtante. On en vient à se demander si c’est la musique qui contrôle les lasers ou l’inverse.

Le voyage dure quelques minutes avant de laisser place à un Paul Kalkbrenner plus en forme que jamais. PK prend visiblement un pied énorme sur son set : il danse, il sourit… il s’éclate et son public aussi.

festival forte

Fin du set, ovation du public, Hugo, sa vodka et moi partons explorer la forteresse.

Une double rangée de murailles avec au milieu une église, de chaque côté de l’église des coins chill avec transat, poufs et pelouse, 2 stands de nourriture dont un avec des spécialités portugaises, pasteis de nata et pasteis de chaves préparées et cuites sur place, miam !! Le cadre est exceptionnel et magnifiquement mis en valeurs par des jeux de lumières et des projections d’images donnant un aspect irréel aux pierres millénaires.

Le staff d’Ilidio Chaves (que vous connaissez surement sous son alias Expander, patron de Soniculture et du Forte) a réalisé une scénographie magistrale jouant à la perfection avec les formes et les textures de la bâtisse. Hugo et moi sommes émerveillés au point de ne voir ni la vodka s’évaporer, ni le jour se lever. Ce dernier nous rappelle que Marcel Dettmann va jouer. Direction le dancefloor pour en profiter. A la fin de son set, le DJ descend signer des autographes et prendre la pose avec ses fans tout en restant simple. Le type est sympa, humble ; la marque des grands !

Forte-72

J3 – Ite missa est

Entre la cuite de la veille et notre nouvelle amie brésilienne qui met 2h à se pouponner, on arrive à 1h du matin au fort… rhaaa les boulets, on a raté Amulador et Expander ! C’est décidé : fini les conneries, on arrête la vodka. Hugo approuve : «  T’as raison, il nous faut du rhum ». Notre départ tardif nous a tout de même permis de recruter une adorable australienne qui était déjà au festival Forte l’an dernier (soit la première édition).

Nous bavassons tranquillement au chill avec notre nouvelle comparse quand soudain une musique sombre et envoutante vient nous chercher et nous attire à elle. Je m’approche de la scène où je vois un homme en transe, dansant et titubant autour de ses platines, y retournant pour balancer avec rage une autre track, se présentant devant la foule pour lui transmettre sa folie artistique. La scène est l’autel depuis lequel le prêtre impie célèbre une messe noire devant un dancefloor galvanisé où surgissent des licornes et des mecs en peignoir.

Ce personnage hors-norme répond au nom de Vatican Shadow.

Doux Jésus ! C’est l’apocalypse. Je cours chercher mon pote :
« Mec, on sortira pas vivants d’ici !
– Ouais c’est clair, j’ai fini le rhum. Désolé. Mais je te paye une pizza si tu veux ».
Marché conclu, une pizza avant la fin du monde c’est pas de refus.

Hugo endormi, j’assiste au set de Planetary Assault System depuis le chill. Un set explosif avec de grosses basses, parfait après Vatican Shadow. Pendant sa petite sieste Hugo relève la tête par deux fois et me lâche un « il est lourd le son là quand même ». Le jour commence à se lever, Hugo aussi et Ben Klock, lui, prend les commandes. Le fort est dans les nuages, par-dessus la muraille on ne voit pas à plus de 10 mètres. Le brouillard ambiant a quelque chose de magique. A l’image de celui dans la tête des festivaliers. On est tous éclatés. Trois personnes essaient de déplier un transat. Trop compliqué. Ils abandonnent.

festival forte

Forte-99

J4 – This is the End…

Dur dur ce dernier jour. Jambes coupées, cerveaux liquéfiés, estomacs retournés, on active le mode survie. Arrêt au stand avant d’aller à la navette car d’après Hugo on ne tiendra pas sans alcool. Une fois au fort, malgré un état de fatigue sans nom, Ellen Allien arrive à nous faire danser. Son set est super. Moins violent que les jours précédents tout en étant entrainant, parfait.

« Et puis avec du pinard ça repart ! C’est thérapeutique ! » relève Hugo.

Marc Houle succède à Ellen. Un peu mou peut-être, à moins que ce soit une impression due à notre état. Hugo et moi commençons à rassembler l’équipe pour boire un dernier verre, échanger les contacts et dire au revoir. Pour nous c’est déjà l’heure d’y aller, notre covoiturage pour Paris nous attend.

Sur le chemin, on dresse le bilan pour arriver à la même conclusion : ce festival est un des meilleurs que l’on ait fait. Cadre exceptionnel, musique de qualité, ambiance survoltée, public ultra amical. La définition même du mot festival.

Portugal, Montemor-o-Velho, festival Forte : à l’année prochaine !

Nos photos du festival Forte

© Damien Quinchard