Ce n’est plus un secret pour personne, le vinyle revient en force depuis quelques années. Les disquaires se portent bien, les presses à vinyles carburent à plein régime, les vieux ressortent leur collection et les jeunes bâtissent peu à peu la leur. Même les constructeurs s’y remettent, notamment Pioneer avec sa PLX-1000 sortie depuis août et Numark avec sa TT250 USB, basée sur le design de l’indétrônable Technics SL-1200. Cependant, les vinyles peinent à retrouver leurs places dans les médiathèques. C’est maintenant chose faite ! Même si tout n’est pas rose pour cette industrie renaissante. 

Je suis récemment tombé sur un joli projet dont je voulais vous faire part : La vinylothèque, située au 40 rue Paul Langevin, à Les Lilas dans le 93. Une association dont le but est de remettre au goût du jour le partage de vinyles. Pour y voir plus clair, j’ai posé quelques questions à Martin Drazel, administrateur principal du projet.

11188186_1458537064468921_2966649415928170507_n

Interview de Martin Drazel, gérant de la vinylothèque

SweetLifeBonjour Martin et merci d’avoir accepté cette interview pour SweetLife. Tu pourrais nous décrire le but du projet ? C’est quoi précisément La vinylothèque ?

Martin Drazel : Eh bien pour l’instant c’est au stade associatif, donc toute personne intéressée par le projet doit me contacter. Nous proposons un abonnement (qui fait office d’adhésion à l’association qui structure le projet) de 20e par an, qui permet d’emprunter 10 à 15 disques par mois, il y a plus de 400 références dans le stock, principalement drum & bass mais ça commence à bien évoluer (minimale, techno, musique du monde, dubstep, etc…). A terme j’aimerais bien qu’il fasse des petits ce projet, que d’autres vinylothèques ouvrent, et pourquoi pas de mon côté ouvrir un vrai local ou une boutique.

SweetLifeJ’ai scruté un peu votre liste sur discogs, c’est vrai qu’il y a de tout. Ca va de la techno mentale de Norman Nodge aux Stones en passant par Lou Reed, on peut même y trouver de la musique malienne ou tibétaine, c’est une volonté de votre part de ne fermer la porte à aucun style ?

Martin Drazel : Bien entendu, l’idée c’est de créer une sorte de bibliothèque à vinyles, donc il faut que tous les styles soient représentés, que ça parle autant au DJ qui veut s’essayer à un autre style sans se ruiner qu’au mec qui compose et qui cherche des samples inconnus ou encore au collectionneur/passionné qui veut digger des trucs étranges.

SweetLifeTu parles d’ouvrir un local/boutique, mais vous ne faites que très peu de communication hormis les daily picks. Le but est vraiment de créer un rapport de proximité avec vos adhérents, un projet à taille humaine ?

Martin Drazel : Oui car pour l’instant c’est impossible de faire un projet qui dépasse l’aspect associatif du truc, vu qu’on a pas encore l’argent pour ouvrir un local et du coup communiquer dessus. Et puis j’aime cette idée que ce soit proche, que l’adhérent vienne à la maison, prenne son temps pour fouiller les bacs, qu’on discute selon ce qu’il recherche, etc… Il y a un côté un peu « disquaire à la cool » auquel je tiens beaucoup et si local il y a un jour, ce sera dans la même ambiance.

Daily Pick : Chaque jour à 18h, la vinylothèque présente un vinyle du stock

SweetLifeJ’ai vu aussi que tu étais toi même DJ, il t’arrive d’aller piocher dans la collection pour tes sets je suppose ? D’ailleurs que se passe-t-il si un disque est endommagé ?

Martin Drazel : Alors j’ai déjà une énorme collection moi-même d’environ 850 références, un peu tous genres confondus mais principalement drum & bass, donc détrompe-toi je n’utilise que mes disques pour mes sets et je laisse le stock en état. Tous ceux qui ont formé le premier lot de 200 références drum & bass sont en parfait état, et j’aimerais qu’ils ne soient pas trop usés, donc j’évite moi-même de les utiliser. Si jamais un adhérent rend un disque complètement rayé et inutilisable, il doit le changer, cela fait parti des règles de la vinylothèque.

SweetLifeCela contribue au rapport d’échange que vous essayez d’instaurer, c’est plutôt réglo. Autre point qui mérite un éclaircissement. Toi ou ton collègue n’êtes pas à plein temps sur place, c’est quoi la procédure à suivre pour venir emprunter ou rendre des skeuds ?

Martin Drazel : Effectivement il n’y a pas d’horaires comme dans une boutique vu qu’on fonctionne au stade associatif, il faut tout simplement prendre contact avec moi et voir quand je suis disponible. A terme, si on ouvre des boutiques, il y aura des horaires, forcément.

SweetLifeUniquement toi ? Je lis sur la page que tu n’es pas seul, que tu bosses avec Paul Monnet.

Martin Drazel : Oui mais Paul est juste à contacter au cas où je ne répondrais pas, le vrai gérant du truc c’est moi, et les disques sont aussi chez moi. Paul sert à structurer les finances, démarcher les mairies, etc… il fait toute la paperasse quoi !

SweetLifeLe sale boulot mais néanmoins nécéssaire en somme ! Merci pour toutes ces précisions. Encore deux petites questions : Si tu devais conseiller à nos lecteurs un vinyle à emprunter dans la collection, ce serait lequel ? Et pourquoi ? Un ovni que tout le monde se doit de découvrir en tête ?

Martin Drazel : Ouh, dure question ! Mon passé et mon présent de junglist actif aurait tendance à répondre « mettez-vous la tête dans tout notre catalogue de Renegade Hardware, y’a des must-have ! » En vrai c’est un peu dur d’en choisir un en particulier, je les aime beaucoup pour la plupart. Après, les goûts et les couleurs…

SweetLifeJ’imagine, moi même je ne saurais lequel choisir dans ma modeste collection ! Et enfin, une question peut être plus facile quoique c’est pas sûr, quel vinyle rêves-tu d’ajouter à la collection de La vinylothèque ?

Martin Drazel : Encore une fois je ne cible pas un disque en particulier. Là ces derniers temps, vu que la moitié du stock est de la drum & bass, je récupère tout ce qu’on me donne (ou, quand on a un peu de finances, on achète des lots) mais hors drum & bass : techno, dubstep, ambiant, tout ça je suis à la recherche. Personnellement j’adorerais avoir un super stock en deep dubstep, histoire de pousser un peu les adhérents qui veulent apprendre le mix vinyle à écouter autre chose que du Skrillex !

SweetLifeComme je te comprends. Merci de m’avoir accordé cette interview en tout cas ! Et je te souhaite que ce projet grandisse car c’est vraiment chouette.

Si le projet vous plaît, n’hésitez pas à donner un petit like sur la page de La vinylothèque