Nous étions il y a deux semaines à Rennes pour découvrir le Made Festival qui soufflait sa première bougie. Avec une programmation techno et house plus que séduisante et des évènements organisés partout dans la ville (bar, lieux culturels, parcs…), le dernier né des festivals bretons nous promettait de passer 4 jours de découvertes, de rencontres et surtout d’immersion totale dans la musique électronique. Alors, promesse tenue ?

Jeudi : Bar + club, la formule gagnante

Pour commencer en douceur le festival, les organisateurs ont invité des collectifs locaux à organiser des soirées dans 5 bars de la ville en guise d’apéritif de 21h à 1h. Un format idéal à la fois pour les rennais qui profitent de la fameuse soirée étudiante du jeudi en version électronique, mais également pour les touristes qui découvrent Rennes via ses bars de renoms. Au vu de l’ambiance chaleureuse et conviviale qui y règne, on comprend leur importance dans la culture bretonne (deuxième région au nombre de bar par habitant).
Côté musique, on avait le choix entre les collectifs Racine Corp et Nozvezh déjà bien installés à Rennes, ainsi que le label Vielspass venu partager sa philosophie « early raves ». Pour le reste, 5 DJs locaux se partageaient l’affiche des deux derniers bars.
Pour la suite de la nuit, on avait rendez-vous au 1988 Live Club où deux salles accueillaient notamment les performances des Zencker Brothers, Tama Sumo et Jus-Ed. A défaut d’être pleines, les salles étaient remplies de bonne humeur et on pouvait facilement changer d’ambiance entre techno digitale et house analogique. Un vrai plaisir pour finir cette première nuit !

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Photo : FTNE Prod

Vendredi et samedi : gros noms pour grosses soirées

Depuis notre arrivée, on nous rabâchait que le gros morceau du festival était à venir avec les soirées de vendredi et samedi au Parc des Expositions. Rien de surprenant au vu du lineup stratosphérique des deux soirs : Robert Hood, Maceo Plex, Helena Hauff, Âme et Levon Vincent entre autres en DJ Set et KiNK, Planetary Assault Systems (aka Luke Slater) et Mandar en live.

L’arrivée sur place se fait rapidement après un trajet en navette (il ne fallait quand même pas trop tarder pour éviter la queue) et on est directement frappé par la taille du hall et de la scène. En ce qui concerne le son, les organisateurs ont clairement voulu régaler le public au vu du matériel impressionnant déployé, peut-être au détriment des lumières. Mais quite à choisir…

Des gradins font face à la scène, idéal pour se poser tout en restant dans l’ambiance. La circulation entre le bar, les toilettes et l’extérieur est fluide et on a même droit à un point d’eau supplémentaire. Les vastes espaces extérieurs sont laissés accessibles, on regrette juste l’absence de mobilier pour faire une pause de son dehors, comme il est recommandé pour éviter des troubles auditifs irréversibles*. Dernier point confort et non des moindres : les tarifs pratiqués au bar sont très corrects (3€ le demi), en totale adéquation avec l’esprit du festival !
Retour à la musique : on retiendra les performances du co-fondateur d’Underground Resistance Robert Hood et son set mêlant parfaitement pépites house et techno, le set techniquement impressionnant d’Helena Hauff jonglant avec ses vinyles (qui lui a valu les compliments de Maceo Plex qui était resté la voir) et le live du trio Mandar sur machines et synthétiseur modulaire.

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Photos : Clélia Polimeni pour SweetLife

Notre coup de coeur : les Gayeulles Électroniques

Samedi après-midi, trois évènements étaient organisés jusqu’au début de soirée. Pour profiter du beau temps, nous avons choisi celui organisé au Parc des Gayeulles, le plus grand parc de la ville. Et nous avons très vite réalisé que c’était l’endroit où il fallait être : après une traversée dans les bois orientés par le son des basses, nous découvrons une foule de personnes prenant l’apéro, jouant et dansant devant une scène impressionnante. Les collectifs Texture, Frangines & co et Kepler  y avaient organisé leur sauterie et tout était réuni pour prendre son pied : façade by Funktion One, bières pas chères, jeux d’extérieurs, stands artistiques… tout ça dans un cadre naturel idyllique et idéal pour décuver de la veille ou prendre des forces pour le soir. Techno, house et drum&bass ont fait danser les 4000 personnes venues taper du pied jusqu’à la nuit.

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Photos : Clélia Polimeni pour SweetLife

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C’est avec de petits yeux mais une grande banane que nous avons quitté la Bretagne dimanche, alors que la fête continuait jusqu’à 1h. Nous retiendrons de ce festival son format atypique avec sa quinzaine d’évènements, en majorité gratuits, son lineup de haute volée avec ses 70 artistes dont quelques belles pointures, ainsi que son public chaleureux. Le niveau de qualité atteint par ce si jeune festival nous laisse penser que rapidement, le Made Festival pourrait devenir un des festivals référence en France… puis en Europe.

 

* En concert ou discothèque, les spécialistes recommandent de faire 10 mn de pause toutes les 45 mn dans une ambiance calme (ou 30 mn toutes les 2h) afin d’éviter des trouble auditifs qui peuvent être irréversibles (hyperacousie, acouphènes, perte d’audition).