A l’occasion du festival Astropolis ou il jouera pour la première fois le vendredi 30 juin, le plus germanique des new-yorkais et l’un des résidents du temple Berghain, Anthony Parasole nous a fait le plaisir de répondre à quelques unes de nos questions. Rencontre.

 – Interview –
Version française


© Erez Avissar

Anthony, tu es sur la scène électronique depuis un bon moment maintenant enchaînant les EP’s et les prestations dans les meilleurs clubs du monde. Ton dernier EP « Wild » est sorti sur « Deconstruct Music » en novembre 2015. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de sortir ton premier album ? Est-ce que tu avais besoin de faire mûrir un projet ?

Anthony Parasole : J’ai commencé à écrire mon album à la fin de l’été 2015 et une fois que j’ai commencé ce projet, j’ai décidé d’en faire une priorité absolue et j’ai mis toute mon attention sur Infrared Vision. Je voulais écrire mon album comme s’il y avait une voix et une histoire sonore claire qui se prolonge tout le long de l’album.


A l’écoute de l’album on comprend vite qu’il est fait pour les clubs…

Anthony Parasole : Il est certainement destiné à être joué en club cependant le récit est bien plus profond que ça. Il contient beaucoup de textures qui se chevauchent plusieurs fois et un contexte à entendre.

Quel message as-tu essayé de faire passer ? Avec qui as-tu collaboré pour cet opus ?

Anthony Parasole : J’avais commencé à penser à quelque chose qui pourrait parler cinématiquement aux auditeurs. Le meilleur exemple est quelque chose dans l’esprit de « Ready To Die » par The Notorious B.I.G. Si vous pouvez fermer les yeux et entendre ce qu’il dit, vous pouvez voir une image cinématique pleine longueur. Je voulais qu’un dialogue naturel se produise entre moi et l’auditeur. Je n’ai collaboré avec personne pour ce projet sauf pour le mixage final avec Phil Moffa et le maître Marco Spavanti pour couper l’enregistrement.

Qu’est-ce que tu as utilisé pour produire “Infrared Vision”, des machines, ordinateurs, les deux ?

Anthony Parasole : J’ai utilisé du matériel externe; un mélange d’analogique et de numérique, et d’effets suivis dans mon tableau de mixage et enregistrés avec des logiciels.

J’ai lu que tu as dis, dans le processus de conception d’Infrared Vision, tu as écouté du jazz et du hip hop pour t’inspirer. Est-ce que tu écoutais ce style de musique avant de faire ton album et continues-tu d’écouter ce style actuellement ?

Anthony Parasole : J’ai toujours écouté beaucoup de différents styles de musique en dehors de la techno et de la house donc ce n’est pas en dehors de la norme pour moi d’écouter du jazz ou du hip hop. Mais spécifiquement durant cette période, j’ai écouté cette musique plus que d’habitude pour la technique et les idées lors de mon processus de création.

Tu extériorises des émotions, des instants dans tes compositions ou il s’agit uniquement d’une démarche musicale?

Anthony Parasole : C’est plus une approche musicale avec chaque track. J’ai le concept et l’idée dans ma tête et donc je transcris ces idées via mon équipement.

Des facteurs extérieurs comme le cinéma, l’art, le contexte économique actuel peuvent t’ils t’influencer ? Si oui lesquels?

Anthony Parasole : Oui, je puise mon inspiration dans l’art, le cinéma ou la vie mais je n’ai jamais utilisé la politique comme inspiration. C’est comme dessiner quelque chose venant de la télé réalité et ce n’est tout simplement pas pour moi.

Pourquoi as-tu choisi de sortir cet album sur Dekmantel records et pas sur le tient ?

Anthony Parasole : Un album est un gros projet avec beaucoup de parties mobiles et il y a beaucoup à faire : écrire, produire, mixer, masteriser, faire de l’art et partir en tournée. C’est beaucoup de choses à faire seul sur mon propre label.

Justement pour aborder les festivals, qu’elle est la particularité du Dekmantel festival ?  Il y a comme une aura magique derrière ce festival relativement récent ?!

Anthony Parasole : J’ai juste joué là-bas pour leur premier festival à Sao Paolo au Brésil et c’était absolument dingue : la vibe, la production, le public, l’atmosphère était pure et liée à une grande masse d’énergie positive ! C’était l’un de mes points forts depuis très longtemps.

 Tu joues dans pas mal d’endroits différents , quelle atmosphère apprécies-tu le plus? Un club intimiste, un mega dance floor ou un festival?

Anthony Parasole : J’adore jouer dans des énormes salles en club, c’est mon endroit préféré. C’est quelque chose que je raconte le plus et j’adore jouer dans ces lieux. Le mélange de sons puissants et d’éclairage incroyable peut être génial et se brancher dans une ambiance aussi profonde est ce que je préfère par dessus tout.

Question à propos de ton label The Corner. Comment sélectionnes-tu les artistes avec qui tu veux collaborer ?

Anthony Parasole : Je travaille toujours avec des potes sur mon label. Je pense que cela créer un unique et pure environnement avec des résultats concluants.

Peux tu nous parler de Anthony Parasole l’homme et non le DJ producteur. Quest-ce que tu aimes ? Que fais tu quand tu n’est pas derrière les platines ou en studio ?

Anthony Parasole : Je suis le genre de personne discrète sur ma vie privée et je sais me couper du monde via internet et les réseaux sociaux durant une semaine. J’essaye aussi de maintenir un mode de vie sain en me levant tôt, en faisant attention à mon alimentation, et aussi en allant à la gym faire de l’exercice ou du cardio pour garder l’esprit clair.

Comment la saison d’été s’annonce pour toi ? As-tu des attentes particulières ?

Anthony Parasole : Pas d’attentes. Je veux juste faire de mon mieux à chaque show et rendre les gens heureux qui ne savent pas forcement qui je suis avant d’arriver dans le club ou le festival et avoir de nouveaux fans.

anthonyAnthony, tu joue au festival Astropolis pour la première fois cette année. Tu connaissais ce festival ? Qu’est-ce que tu penses de la scène française techno actuelle ? Certains artistes français suscitent-ils ton intérêt ?

Anthony Parasole : J’ai entendu dire que c’était un super festival ! Je trouve que cette année le line up est incroyable avec des talents fantastiques aussi bien confirmés qu’émergeants. Je pense que la scène techno française est remarquable. Il y a de nombreuses grandes villes où jouer avec des producteurs français incroyables mais aussi des DJs français faisant de bonnes choses en ce moment. 

Merci beaucoup Anthony pour le temps consacré à cette interview, à bientôt.

Anthony jouera le vendredi 30 juin à l’Astroclub dans le cadre du festival Astropolis.

Retrouvez son dernier mix ci-dessous pour Fact.

Anthony Parasole
Festival Astropolis 


                                                  –  Interview –
                                                 English Version 


Anthony, you’ve been part of the electronic scene for a while now, going from EP to sets in the bests clubs worldwide. Your last EP was released on Deconstruct Music in November 2015. Why waiting this long to release your first album? Did you want to come up with a particular project?

Anthony Parasole : I started writing my album late summer beginning of fall of 2015 and once I started that project i decided to make that top priority and put all my focus on Infrared Vision, I wanted to write my album as a album with a clear sonic voice and story that plays throughout the entire album.

Listening to the album, we understand it was carved for the clubs.

Anthony Parasole : It’s certainly focused to be played in the club however the narrative is deeper than just that it has many textures that cover many times and context to be heard in.

What message are you trying to spread? who did you collaborate with for this opus ?

Anthony Parasole : I had begun to think about something that could speak to the listener somewhat cinematically. The best example of that is something along the lines of “Ready To Die” by The Notorious B.I.G. If you can close your eyes and just hear what he says, you can see a full-length feature motion picture; I wanted a natural dialogue to occur between myself and the listener. I did not collaborate with anyone with on this project except for the final mixdowns I had Phil Moffa on the mix and Marco Spavanti master and cut the record.

What did you use to produce Infrared Vision? Protools? hardware? Both?

Anthony Parasole : I used external hardware, a mixture of analog and digital outboard synths and effects tracked through my mixing board and recorded with protools.

I read that you said, in the process of making Infrared Vision, you listened to jazz and hip-hop for inspiration. Did you listen to this kind of music before to do this opus? do you still listen to this kind of music now?

Anthony Parasole : I always listen to a lot of different music outside of working on Techno and house, so it’s not out of the norm for me to listen to jazz or hiphop but specifically during this period I listened to this music more due to kind of breaking down techniques and ideas during my process.

Do you express emotions, moments of your life in your compositions or is it just a musical approach?

Anthony Parasole : It’s more a musical approach with each track. I have the concept and idea in my head, then I translate these ideas to my gear.

Can outside inspirations, such as cinema, art , and current economical context, influence your music, and if yes, which ones?

Anthony Parasole : Yes, I do pull inspiration from art or cinema or life but I don’t ever mix politics as inspiration to my music, no matter the time frame. It’s kind of like drawing from reality tv and that’s just not for me.

Why did you decide to release it on a label like Dekmantel and not yours?

Anthony Parasole : An album is a big project with a lot of moving parts and it’s a lot to do: write, produce the music, mix and master, do the art and much more all while touring. It’s a lot for me as one person to do by myself on my own imprint.

To talk about festivals, what is the particularity about Dekmantel festival? Is there some kind of a magical vibe behind this relatively new festival?

Anthony Parasole : I have just played their first festival in Sao Paolo, Brazil and it was absolutely amazing: the vibe, the production, the crowd, the atmosphere was pure and related to a great mass of positive energy… it was one of my highlights in a very long time.

You play in lots of different places, which vibe, atmosphere, do you like the most? Minimal places, mega dancefloor or festivals?

Anthony Parasole : I love playing in big room clubs – this is my favorite. It’s something I truly relate to the most and enjoy playing in, the mixture of powerful sound and incredible lighting can great and lock in such a deep vibe its my favorite for sure.

What are the expectations for your summer season so far?

Anthony Parasole : No expectations. I just want to perform my best at every show and make some people very happy that not necessarily would know who I am before walking into that club or festival and creating a new fan.

Question about you label The Corner. How do you pick the artists you want to collaborate with?

Anthony Parasole : I always work with friends on The Corner. I think it creates a unique pure environment with positive results on my label.

Can you tell us about Anthony Parasole the man, and not the DJ producer. What do you like? What do you do when you are not behind the decks or in the studio?

Anthony Parasole : I’m kind of a private person and I kind of shut off to the world via internet/social media etc during the week. Also I try to maintain a healthy lifestyle by waking up early, keep a diet, also hitting the gym to exercise and getting cardio in while also clearing my head.

Anthony, you play at the Astropolis festival for the first time this year. Did you know about it before? What do you think about the current french techno scene? Do you have interest for some french artists?

Anthony Parasole : I have heard it’s a great festival. I think this year’s line-up is outstanding with fantastic talent up and down the line-up. I think the french techno scene is outstanding: many great cities to play in along with incredible French producers and French DJs doing great things right now.

Many thanks Anthony for your time for this interview, see you on the dancefloor at Astropolis 🙂