Au fin fond de la Belgique, à 15 kilomètres de la frontière française se trouve le grand festival de … DOUREUUH !

Cette année, nouveau record : 242 000 festivaliers présents pour 5 jours de fête. Dour c’est l’amour mais aussi la joie et du soleil pour cette 29ème édition.



MERCREDI



 

© Olivier Bourgi
© Olivier Bourgi 

Arrivée sur Dour à 15 heures, une petite ville au sud de la Belgique qui se transforme pendant 5 jours en un lieu de fête incontournable. Longue attente avant de rejoindre le parking du festival, pour cause : un contrôle très intensif de la police/douane Belges qui arrêtent chaque voiture susceptible d’aller au festival. Bagages, réservoirs d’essence, voiture, fouille au corps, rien n’est laissé au hasard. Après le passage de la douane, hop direction le parking !

Nous commençons tout d’abord à décharger la voiture pour s’installer au camping. Nous sommes tous transformés en mulet pour transporter les affaires nécessaires pour ces 5 jours à Dour. Après 10 minutes de marche nous croisons des gentils bénévoles nous encourageant car nous n’étions pas du tout prêts d’arriver. Ah oui ! Il faut compter 45 minutes de marche du parking au camping pour les plus chanceux. Ce sera 1h de marche pour nous. Pas facile donc de se rendre là-bas.

Premier passage, les bracelets sont posés, on ressent déjà la bonne ambiance des festivaliers. Deuxième stop pour un contrôle des sacs et nous voilà dans le camping de Dour !

Nous remarquons directement qu’un monde parallèle se dessine dans l’enceinte de Dour, ici personne n’est mis à l’écart. Nous sommes tous une grande famille réunie pour la même raison : l’amour de la musique.

Par manque de temps nous n’avons pas réussi à rentrer à l’heure dans le festival (qui fermait ses portes aux festivaliers à minuit). On trinque donc avec les voisins qui se retrouvent dans le même cas que nous avant d’aller nous reposer dans nos tentes.



JEUDI



 

Réveil ensoleillé, la chaleur est au rendez-vous pour le plus grand plaisir des festivaliers. L’ambiance est hors-normes, le cri de ralliement est simple mais très efficace : DOUREUUUH !

Tentative n°1 pour prendre une petite douche, nous avons vite compris qu’entre 9h et 14h la douche n’est accessible qu’après un long moment de patience. Petit bémol le prix : 2 euros pour se doucher c’est un peu abusé, mais bon après réflexion si en échange nous avons eau chaude + douche propre ça nous va.

© BeCult
© BeCult

Nous voilà partis vers l’entrée du festival, il faut avoir de bonnes baskets car le site est à 20 minutes à pied du camping (pfiou).

Concernant la fouille à l’entrée du site… du grand n’importe quoi ! Certains passaient des bouteilles en verre sans soucis alors que d’autres se voyaient fouillés de fond en comble. Nous avons pu voir aussi que certains jours nous avions le droit à la fouille complète au corps, d’autres fois le détecteur de métaux sonnait mais la personne en question était invitée à continuer son chemin vers le site sans aucun contrôle. Beaucoup d’inégalités en matière de fouilles et un personnel de sécurité très peu agréable. Un point que Dour doit améliorer.

Nous voilà dans le site, nous filons à Vitalic pour admirer son live ODC sur la scène The Last Arena. Nous sommes un peu déçus de la taille de la scène principale de Dour. Heureusement, les lights sont là pour remonter le niveau.

© Angélique Vecray LUMIN.be
© Angélique Vecray LUMIN.be

Nous filons ensuite voir Dubfire sous le chapiteau de la Caverne. De la techno à la fois minimale et envoûtante, parfaite pour satisfaire l’ouïe des technophiles.

Le temps de prendre une puis deux bières, nous ne voyons pas l’heure passer et c’est Kaytranada qui commence sur la Jupiler Boombox. Une scène grandiose où les classiques et les nouveautés de Kaytranada font vibrer le sol à coup de beat groovy. Les rythmes déjantés du Canadien mettent tout le monde d’accord.

Nous avons ensuite été à la Caverne où nous avons passé une fin de soirée à la british. Au programme : le duo anglais Karenn, constitué de Blawan et de Pariah, qui nous a concocté un live enivrant et glacial faisant pourtant monter la température du chapiteau. S’ensuit le téméraire Dax J qui a su clôturer cette deuxième journée avec un set sombre à la fois industriel et acid à souhait.



VENDREDI



Vendredi pluvieux mais vendredi heureux ! Ici la pluie n’arrête personne.

On peut noter que sur le camping la diversité et la qualité sur la food proposée sont moyennes. Heureusement que la Cooking Island est présente avec entre autres des micro-ondes, des bouilloires pour pouvoir se préparer ses propres repas chaud.

Amélie Lens © Elise Debreu
Amélie Lens © Elise Debreu

Pour débuter la soirée, pour nous ce sera Amélie Lens qui lancera les festivités sur la scène De Red Bull Elektropedia Balzaal. Petit coup de coeur pour cette scène. Située dans le creux d’une vallée, elle a su transporter chacun d’entre nous dans une bulle où seul le son résonnait. Équipée de multiples écrans géants, de lights exceptionnelles tout était réuni pour mettre en avant la musique électronique actuelle.

On enchaîne ensuite avec Sam Paganini toujours sur la même scène, qui nous envoie en pleine face un de ses morceaux phares du moment : Desire, sorti sur son propre label JAM. Un set à la hauteur de sa réputation, Paganini reste fidèle à lui-même.

Après en avoir eu pleins les yeux, il est l’heure de s’occuper de notre soif ! Point positif pour la bière qui est à 5.50 € la pinte, un prix imbattable en festival ! On y trouve même un bar “special beer” où les amateurs de binouzes seront au paradis.

© Sylvain D
Scène De Redbull Elektropedia Balzaal © Sylvain D

Nous retournons vers la fabuleuse scène entre les collines pour terminer cette soirée avec la fringante Nina Kraviz. Nous sommes mitigés quant à son set : elle nous passe des pépites avec un fort bpm malheureusement fracturé par des longs moments platoniques. Dommage.

Retour difficile au camping, comme les jours précédents. A toute heure le trafic est dense, de nombreux festivaliers circulent dans des chemins étroits. Nous sommes obligés de respirer sous nos pulls à cause du nuage de poussière présent un peu partout sur notre chemin, bon courage aux asthmatiques !



SAMEDI



 

Grosse folie dans le festival, fricadelles et mitraillettes sont de sortis, on a une petite faim et ce n’est pas le gras qui manque ! Pour les plus healthy, un bar à salade propose aussi de nombreuses combinaisons pour un lunch diététique. Ce qui est sûr c’est qu’il y en a pour tous les goûts !

On aperçoit sur le site une attraction. Pour motiver les troupes, en échange d’un sac-poubelle rempli, le festival t’offre ton entrée pour l’attraction Lambada ! (on a même réussi à en chopper 3 contre un sac, grand merci aux bénévoles) Le but ? Pousser les festivaliers à être propres tout en évitant d’engager de l’argent pour s’amuser. Ici pas d’éco-cup comme en France, ce qui salit très vite le sol du site. (Il est aussi possible d’échanger un sac contre un ticket drink)

© Nico Deb
© Nico Deb

C’est parti pour Die Antwoord sur The Last Arena, la qualité du son est à déplorer pour une tête d’affiche comme celle-ci. Nous partons donc voir l’Allemand Roman Flügel qui, avec ses sonorités douces et hypnotiques, nous fait vivre un voyage interstellaire.

Pour le closing de cette journée, grosse hésitation entre Dj AZF et Casual Gabberz. AZF commence la première, honneur aux dames. Début de set fracassant, la machine est lancée à pleine vitesse et c’est violent. Pas facile de quitter le Labo mais Casual Gabberz promet un set hors du commun. Mélangeant rap et gabber, le groupe sait trouver le juste milieu et apporte un renouveau aux musiques hardcore.

AZF  © Rémi Golinelli
AZF © Rémi Golinelli

Soirée très intense, voire trop. Difficile d’accéder à certaines scènes dont la scène Redbull, une longue attente à l’entrée du site et surtout on note qu’il est plus facile de boire de la bière que de l’eau. On relève seulement 3 points d’eau pour 55 000 personnes ce samedi…



DIMANCHE



Aujourd’hui pas le temps de trainer, à 16h commence le set de Charlotte de Witte. Une journée très chargée nous attend, il y a beaucoup d’artistes à voir. Place tout d’abord à la jolie Belge pour un set techno simple mais efficace. Très peu de découvertes en terme de morceaux, les classiques sont néanmoins présents. Petit bémol personnel concernant le closing de son set où Himmel Und Erde d’Obscure Shape & SHDW a été massacré.

Petite pause déjeuner, de bons hamburgers sont proposés mais le prix est assez cher (8€50 pour le burger sans frites). Nous n’avons pas pu aller voir le set de Dixon qui, d’après nos rencontres sur le festival, en a séduit plus d’un.

On retourne ensuite à la scène Redbull Elektropedia pour voir le duo italien Tale Of Us. Leur talent est inégalable. Le rendu avec les lights était incroyable la nuit tombée, dommage que celle-ci ne soit arrivée qu’à la fin du set.

Carl Craig est venu présenter Versus avec ses 5 musiciens, un spectacle magnifique que nous avons écouté assis dans l’herbe pour se reposer avant de repartir de plus belle pour Darktek. Le sol tremblait, les lattes du parquet étaient totalement démontées, La Caverne s’est transformée en scène hardtek.

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© Olivier Bourgi

Puis nous partons vers The Last Arena, où tout se prépare pour l’arrivée de Justice. Une bonne trentaine d’enceintes Marshall sont superposées sur la scène. Un show gigantesque mais le duo semblait plutôt passif. Les lumières étaient parfaitement coordonnées au son, un spectacle parfait pour en prendre plein les yeux !

On finit cette dernière soirée avec Adam Beyer pour profiter une dernière fois des impressionnantes structures lumineuses de la scène De Redbull Elektropedia Balzaal. Suite à un problème d’évacuation, une grosse cuve d’urine nous répugne en plein milieu de la scène qui gâche totalement le dernier set.

© Remi Golinelli
© Remi Golinelli

Dour, c’est fini pour cette année, on rentre tous avec des étoiles plein les yeux vers le camping. Les plus courageux tiendront jusqu’au petit matin avant de plier bagage.

© laetitiasd.be
© laetitiasd.be

Le lendemain fut compliqué. Bien sûr se dire que Dour, c’est fini ce n’est déjà pas simple… Mais pour couronner le tout, on s’est retrouvés coincé pendant plus de 6 heures sans eau sous 30°C minimum dans notre voiture en essayant de sortir du parking. Gros problème d’organisation ? Contrôles routiers intensifs ? Accidents de la route ? Nous n’en avons jamais su plus.

Le festival s’est fini sur une note négative mais nous rentrons tout de même avec de bons souvenirs plein la tête. Malgré quelques soucis d’organisations, on valide le côté friendly du festival et leur line-up éclectique qui permet de réunir un public venu pour une seule et même raison : l’amour et la musique.