Se tenant depuis 1997 dans la ville de fer “Ferropolis”, située à 50 km de de Berlin, le Melt Festival fait parti de ces festivals underground alliant rock et musique électronique dans un cadre exceptionnel : un ancien site industriel transformé en écomusée regroupant de larges excavatrices industrielles datant de la deuxième moitié du xxe siècle au bord de l’eau.

Pour en savoir plus sur Ferropolis, on vous encourage à regarder cette courte vidéo explicative très intéressante sur l’histoire du lieu.

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Chaque année, l’endroit connaît une petite renaissance grâce à ces trois festivals de musique qu’il accueille : le Splash!Festival qui s’est tenu le premier week-end de juillet, le Melt festival qui s’est tenu cette année du 13 au 16 juillet et enfin le Nexus festival qui se tiendra en Août.

Retour sur cette 20ème édition spectaculaire tant par sa qualité d’organisation que son ambiance.

Pour nous, cette année représentait notre troisième participation au Melt Festival.
Tombés littéralement amoureux il y a trois ans de ce festival à couper le souffle, il nous était encore une fois impossible de rater ce RDV si spécial et si chère aux yeux des Allemands.

Commencé le jeudi 13 juillet dès 18h avec une pré party sur le site de l’événement. Le festival s’est terminé le lundi 16 juillet aux alentours de 12h avec les derniers ravers.

Alors que faut-il retenir de cette 20ème édition ?

On vous dit tout …

Sleepless Floor, encore et toujours…

Tout d’abord le Melt festival à cette particularité de posséder une scène qui ne cesse jamais le son durant tout le festival : la Sleepless Floor.

Nous concernant, ceci est un premier faire-venir. Marre de ces festivals qui cesse toute musique dès 7h du matin avec l’obligation d’aller se coucher ou de galérer en transports pour aller en after.

La Sleepless Floor est en effet la seule et unique scène du festival qui commence le jeudi à 18h et qui cesse le lundi aux alentours de 12h sans aucune interruption sonore.

Ce qui est également intéressant ici est que l’on peut ramener ce que l’on veut sur la scène : bouteilles de vin, pack de 36 bières, tu peux aussi faire ton pique-nique sur la colline ou même un BBQ, pas de soucis, chez les Allemands, (enfin sur la Sleepless) on est méga open.

Il y a également un bar pour ceux qui auraient déjà épuisé leur stock d’alcool.

En place depuis 2004 et située sur une petite dune de sable près de la forêt et du lac à l’entrée du festival, cette scène a encore vu cette année défiler d’excellents artistes émergents underground (Courtesy, François X, Denis Horvat…), mais aussi des artistes confirmés présents depuis des décennies dans le milieu de la musique électronique (Radio Slave), et pour certains depuis le début de l’événement (Ellen Allien qui n’a manqué qu’une seule édition, excusez-nous).

Côté déco et scénographie, on a un peu l’impression d’être dans un film de sciences-fiction d’une autre époque encore inconnue. Le système son y est aussi excellent avec la présence d’immenses enceintes réparties aux quatre coins de la scène.

La Sleepless Floor est ainsi synonyme de liberté, de diversité et d’unité.
On y aime son environnement unique. Peu de scènes dans les festivals existants peuvent se vanter d’offrir à leurs festivaliers autant d’éclectisme, d’abandon de soi et de frénésie. Et lorsque l’on interroge certains DJ’s qui y jouent, ils nous y répondent que ce qu’ils apprécient également sur cette scène est la longévité des sets qu’ils peuvent avoir à jouer pour certains. (de 2 à 6h de set)

Oubliez donc  les contraintes habituelles imposées par les promoteurs et organisateurs qui obligent les DJ  à souvent jouer 1H30 pour ainsi surblindé leur line-up et attirer le maximum de spectateurs.

Vous l’aurez compris, la Sleepless Floor ne peut être comparée à aucune autre scène du festival. C’est un peu le vilain petit canard ou alors votre meilleure amie. Vous oubliez complètement le temps, l’espace ou tout autre chose autour de vous.

Jetez un coup d’oeil ci-dessous, vous ne serez pas déçus du line up si vous recherchez une techno pointue et différente de celle que vous trouvez dans la majeur partie des festivals européens. On ne citera pas de nom, mais on en a un paquet en tête. Si ça vous intéresse d’en parler, RDV en privé 😉

 

Capture d’écran 2017-07-21 à 16.08.46On vous publie également quelques photos de la Sleepless, mais ce qui se passe sur la Sleepless reste sur la sleepless (un peu comme dans les clubs berlinois quoi! ^^)

Si vous voulez en savoir plus, vous n’aurez qu’à tester par vous même dès l’année prochaine.

Le Line Up et les performances

Ce que l’on retient aussi du Melt cette année, c’est son line up bien sur. Entre rock et musiques électroniques, le festival a su se faire sa place en 20 ans pour combler les différents goûts des festivaliers.

Au Melt, on peut y venir soit pour le rock soit pour la techno, même si la techno prends environ 70% du line up. Cette année on y a retrouvé la superstar anglaise MIA, les déjantés de Die Antwoord, ou encore le groupe français Phoenix.

Du côté des grands noms de la musique électronique, nous avons eu la chance de voir Richie Hawtin qui présentait son live CLOSE, Modeselektor, Dixon, Bonobo, Jon Hopkins, Recondite, Âme en B2B avec RØDHÅD et bien d’autres encore.

 

Cette année, pour la première fois, la célèbre boite berlinoise Sisyphos était invitée par les organisateurs à tenir leur propre scène avec ces nombreux résidents dans la forêt.

L’occasion pour les touristes de découvrir l’univers de ce nightclub allemand hors du commun.

Credit Photo : Justine Dufétel
Credit Photo : Justine Dufétel

Certaines performances ont été excellentes ! On en retiendra 5 en particulier. Pour la première soirée l’excellent live d’Aurora Hallal sur la Sleepless Floor nous aura transporté une heure dans la nébuleuse intergalactique. La productrice, documentaliste, journaliste nous fait forte impression grâce à un live ténébreux et envoûtant, profond et aux accents acidulés. Une chance de pouvoir la voir enfin en Europe ! 

Nous avons aussi été très impressionnés par le live de FJAAK. Trio berlinois, les protégés de Monkeytown Records n’y vont pas dans la dentelle. Il nous aspire dans leur live 100% analogique. Techno, house, breakbeat, rythmes déjantés le trio nous fait ici découvrir son monde et notre seule envie désormais est de retourner les voir dès que possible. Quel vent frais sur la musique électronique !

Sur la Sleepless floor, vendredi dans la nuit, alors que les gouttes sont présentes et que les anoraks sont de sortis, Najaaraq Vestbirk aka Courtesy fait son entrée. Celle qui fait un véritable boom depuis 2016 dans la musique électronique aura ici repoussée les limites de la techno pendant 3 heures en passant par des rythmes UK très acid. Techno breakée, transitions rapides, la danoise nous démontre qu’elle fait parti des artistes incontournables à suivre de près cette année et insuffle par la même occasion un vent nouveau sur la techno féminine.

La quatrième prestation qui nous aura fait frémir reviendra à Denis Horvat. Inconnu pour nous jusqu’à la semaine dernière, cet artiste né en Croatie a par ailleurs était signé sur sur Afterlife, le label de Tale Of Us. L’artiste a mixé de 5 à 7h samedi matin sur une Sleepless archi-comble. Basses légères, synthétiseurs hypnotisants, douces mélodies deep, il excelle dans sa prestation et nous taille un set parfaitement adapté sur cette scène, alors que le soleil se lève sous les yeux et les visages fatigués des festivaliers.

Enfin, on finira notre festival le lundi nuit, devinez ou ? …Bah oui sur la Sleepless Floor avec Ellen Allien. Que dire de la locale attendue par son peuple pour 6h de set. Elle faisait le closing une fois encore de cette édition. On vous laisse imaginer l’état des gens, l’atmosphère est à son apogée.
En 6h, la berlinoise nous offre une techno pulsée, à la fois moderne et minimaliste, parfois abstraite on frôle la techno limite trance des années 90, puis l’acid qui fait parti intégrante d’Allien nous pillone  notre cerveau, enfin elle n’oubliera pas de nous passer quelques bombes de son dernier album « Nost »sorti en mai dernier pour finir sur  de belles mélodies mélancoliques comme ce titre.

Le camping du Melt…

Ce que l’on aime aussi au Melt c’est son camping. Situé près d’un lac, il est agréable d’aller piquer une tête avant d’aller festoyer. La petite particularité du camping est qu’il dispose d’une scène ou des artistes s’échangent les platines de 12h à 18 h sur les trois jours de festival.
Cette année encore il y avait quelques activités la journée : atelier cuisine, atelier yoga, vente de vêtements vintage, atelier perles.

On regrettera tout de même pour cette édition le manque d’espace chill dédié aux festivaliers dans le camping. En effet les deux années précédentes, se situer au coeur du camping un espace chill ombragé où l’on pouvait se reposer, assister à des one man show, cours de danse ou spectacle de magie. Cette année certains de ces ateliers ont eu lieu “la ou il y avait de la place” dans le camping. Un peu regrettable.

Cependant une petite nouveauté a vu le jour : les organisateurs ont mis en place un mini supermarket  ouvert le  jour et avec une permanence de nuit afin que chacun puisse acheter ce qu’il lui manque ou ce dont il a besoin. (coca cola, alcool, boissons, tampons …) Un stand de recharge téléphonique était également en place pour recharger son téléphone ou tout autre équipement électronique.

Du côté des douches, on paie deux euros l’entrée. On a droit à de l’eau chaude, c’est relativement propre et pas d’attente entre 10h et 13h (heures a lesquelles nous nous sommes douchées) Rien à redire.

Bar, attente et prix…

Voila encore un facteur qui nous encourage à aller au Melt.

Au bar on a droit à 3 euros la 40 cl de bière et 6,5 euros l’alcool fort associé à son soft.
Des prix qui défient toute concurence lorsque l’on regarde de près les prix des autres festivals. On a également droit à plusieurs bars à cocktails. Ce que l’on apprécie ? La qualité de l’organisation allemande. Nous n’attendrons jamais plus de 3 minutes afin d’être servi.

Notre Melt festival aura était riche, vous l’aurez compris, et pour avoir fait énormement de festivals aux quatres coins de l’Europe, on peut vous garantir qu’il est l’un des top 3 que l’on vous recommande sans hésitation.  Peu connu du public français, on échappe également à cette vague de touristes, ce qui soyons honetes nous fait très plaisir. Des prix raisonnables, une ambiance hors du commun, un line up extrémement pointu ont fait de ce festival un moment unique de notre année 2017 et nous avons qu’une hâte, celle d’y être en 2018.