Vitré est une de ces villes vitrines de Bretagne où on y trouve un engagement associatif fort et une vie culturelle en ébullition. Depuis 2010, l’association Don Jigi Fest y contribue largement avec son festival éponyme.

En 6 éditions, le petit festival créé par une bande de lycéens a eu le temps de grandir grâce notamment à une programmation de grande qualité : Danakil, Dub Inc, I AM… de grands noms mais pas encore de musique électronique.

Le tournant électronique de 2015

C’est en 2015, après une année d’absence, que le « DJF » revient avec un line-up laissant une grande place à l’électro via notamment un partenariat avec The Sound You Need. Au programme, de l’électro-pop avec les ex-étudiants poitevins Jabberwocky, partageant l’affiche avec les producteurs parisiens Faul & Wad Ad, connus pour leur très radiophonique « Changes ». Mais dès cette année là, la techno underground de la scène locale est également de la partie avec le rennais Julien de Castilho venu délivrer un live puissant à quelques kilomètres de son bercail.

Les deux éditions suivantes restent sur la même lignée, avec une programmation électronique pesant de plus en plus avec la venue de Dj Greem & Dj Pfel, Charlotte de Witte, Joris Delacroix, Watermat… ainsi que de nombreux collectifs locaux.

Des artistes qui valent le détour mais qui se retrouvaient entre deux prestations de rap ou de pop : les technophiles restaient sur leur faim.

2018 : nouvelle scène 100% électro…

Pour offrir les meilleurs conditions aux artistes électroniques comme aux aficionados du genre, l’association décide cette année d’ouvrir une nouvelle scène en extérieur, dédiée entièrement à la techno et la house.

Sur le papier, c’est un véritable monstre qui se dessine : un chapiteau de 900m2 se dressera sur 12m de hauteur sur le parking du parc des expositions. Et comme l’expérience du festivalier est au coeur des préoccupations des orgas, le matériel son & lumières sera calibré pour rendre l’immersion la plus prenante possible.

Côté son d’abord, les dernières enceintes line-array signées Nexo seront suspendues sur 5m de hauteur. Au sol, 20 caissons de basse se chargeront de nous transmettre physiquement chaque battement envoyé sur les platines.

Les lumières, signature des éditions précédentes, feront également le show grâce à un nombre stratosphérique de machines : 36 lyres beams, 24 lyres wash et 12 lyres spots, portant le total à 72 points d’éclairage.

Une partie de l’éclairage de la scène de l’édition 2017 – Antoine Julien

 

… et lineup vertigineux

Pour donner vie à ce temple éphémère de la musique électronique, les organisateurs n’ont pas fait dans la demi mesure. Premier gros nom de la programmation, Nina Kraviz, DJ russe la plus en vue de la scène techno et bosse du label Trip (« трип »).

Entrée dans la scène avec des productions house au milieu des années 90, Kraviz se fait surtout remarquer pour ses titres tech-house dans les années 2010 avec notamment son plus gros hit « Ghetto Kraviz ». Depuis quelques années, elle se dirige davantage vers la techno, notamment lors de ses DJ sets comme lors de sa prestation pour Boiler Room classée dans les plus regardées de la chaîne avec 5 millions de vues. Ces variations de style qui font l’originalité de sa personnalité artistique ont parfois entraînées quelques remous. En ce qui nous concerne nous attendons avec impatience son set, notamment pour savoir à quelle sauce elle choisira de nous cuisinier.

Le même jour, la scène accueillera également l’allemande Ann Clue, spécialiste des sonorités profondes et des lignes de basse puissantes. L’enfant de Chicago adepte de ghetto house DJ Deeon sera également de la partie pour nous servir un cours d’histoire aux sonorités groovy. Originalité de la programmation, la venue de Mumdance en provenance d’Angleterre : difficile de coller une étiquette à ce DJ ayant produit des instrus hiphop comme des morceaux plus expérimentaux allant de la grime au happy hardcore. Là aussi, un set sortant de l’ordinaire qu’on attend de découvrir avec impatience.

Le samedi les BPM risquent de s’accélérer avec une programmation laissant une large place à l’acid/indus. La parisienne Anetha sera la tête d’affiche de la soirée aux côtés de l’excellent Under Black Helmet, le DJ lituanien situé dans la lignée de Dax J, Phase Fatale et autres Perc. Quant à la scène locale, elle sera représentée par les tourneurs de disque et organisateurs des après-midi « Garden » Bre.tone. Après avoir suscité l’intérêt du public aux éditions 2016 et 2017 grâce notamment à une sélection techno de grande qualité et un set parfaitement exécuté, David Vestergaard s’est vu confier la lourde responsabilité de fermer la nouvelle scène.

Cette première promet donc de ravir aussi bien nos yeux que nos oreilles. Et tant pis pour nos pieds.

La programmation complète :

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Pour l’événement Facebook, rendez-vous ici.

Photo à la une : Antoine Julien.