Amis puristes et amateurs du son US Techno : nous avons rencontré Myles Sergé DJ et musicien ayant sorti des morceaux sur un large éventail de labels, incluant Ferox, Caduceus Records, Knotweed Records, Ilian Tape, Sweatshop, Night Drive Music, Metamorphic, Thema, Pushmaster Disc, etc.

Son style ? Entre la Techno et la House, mêlant des influences issues des débuts de la musique électronique de Détroit et Chicago.

Profondeur, rythmes taillés au millimètre, Myles Sergé c’est toute l’atmosphère industrielle et métallique propre à Chicago, avec cette touche rythmique si particulière qui donne à tous ses morceaux un groove inégalable.

Côté actus, Myles a sorti un EP intitulé « Community » en mars dernier sur Technorama. Cet EP se constitue de deux titres originaux et de deux remix signés Norm Tallay et Plural. On écoute ça ici!

Myles s’apprête d’ailleurs a sortir son prochain EP sous le nom de « Translate – Translucent Techniques Vol. 1  » qui sortira sur Calder City Development Corp le 17 avril.

Côté platines, ses sets sont à l’image de sa discographie et à ne manquer sous aucun prétexte ! D’ailleurs Myles nous a concocté un petit podcast rien que pour vos oreilles dispo ici et à écouter sans modération!

Interview Français

Sweetlife: Bonjour Myles, Comment vas-tu? Où es-tu en ce moment et où vis tu?

– Bonjour Justine, je vais bien, et toi? Actuellement je suis dans mon studio « The Living Room « dans ma ville natale de Grand Rapids, Michigan, USA, où aujourd’hui mère Nature a décidé de nous rappeler à tous que ce n’est pas encore le printemps … Il a neigé.

Sweetlife: Tu es originaire de Grand Rapids dans le Michigan. Qu’en est-il de la scène techno et la musique électronique là-bas maintenant? Peux-tu expliquer un peu ce qui est arrivé là-bas pour nos lecteurs français?

– Je vais étendre cette question de la scène techno à la scène musicale électronique car il y a divers mouvements dans notre ville qui ont tous un élément électronique.

Grand Rapids ou mieux encore West Michigan est actuellement en train de renaître.

Au cours des années 90 et début des années 2000, la scène était forte et prospère jusqu’à ce qu’il y était une répression contre les « raves » illégales et les fêtes clandestines dans la ville. Les drogues étaient la principale raison de cela; en conséquence, de nombreux propriétaires de sites ne voulaient pas être tenu responsable de ce qui pourrait arriver. Sans endroit pour lancer des événements et sans réseau d’exposition pour la musique la scène est morte. 12 ans plus tard, des choses commencent réellement se reproduire dans notre ville. La jeune génération a repris là où la vieille a cessé, en apprenant des erreurs et en embrassant de nouveaux concepts et outils de médias sociaux. A Grand Rapids, il y a plusieurs  crews, (Modul8, Vinyl Fétiche, 4 4 Système de son, & deep) qui font des trucs super, des soirées et qui inculquent la musique électronique aux masses.

Sweetlife: En 2016, tu as dit dans une interview que tu n’avais jamais utilisé de CDJ’s et que tu serais susceptible d’ expérimenter ceci. Où en es-tu avec ce projet? As tu incorporé les CDJ à tes DJ Sets?

– Oui…. J’ai dit ça. Lol, et je ne suis pas très loin dans ce projet. J’ai acheté 1 CDJ mais je ne suis toujours pas à l’aise pour l’intégrer dans mes sets DJ « LIVE ». Je sais que ça sonne un peu dingue,  mais j’ai un peu peur de le faire. Je reçois tellement d’excellentes  promos  releases en  format numériques  que j’utilise en podcast mais je n’ai pas encore le courage d’ utiliser les CDJ dans un club. J’espère que je vais bientôt sortir de cet état d’esprit. J’ai quelques dates à venir ce mois-ci à Grand Rapids et au Paraguay, alors on verra ce qu’il se passe.

Sweetlife: Tu as aussi vécu à Brighton. Peux-tu parler de cette période là? Pourquoi as tu déménagé là-bas?

– Mon séjour à Brighton était doux-amer; J’ai vécu là pendant environ deux ans. La raison pour laquelle j’ai déménagé là-bas était de me marier avec une fille avec qui je sortais. Malheureusement, cela n’a pas duré, mais j’ai rencontré des amis incroyables à la fois en musique et à titre personnel avec lesquels je suis toujours en contact jusqu’à ce jour. Dédicace à Will Sumsuch et Tobias Schmidt.

Sweetlife: Parlons de ta tournée estivale en Europe! 6-8 juillet> Festival Freerotation au Pays de Galles, puis le Tresor à Berlin le 14 juillet. 2 gigs de fous, dans des lieux de fous. Tu as déjà joué plusieurs fois là-bas, peux-tu expliquer comment et quand ont été tes premiers booking  là-bas? Le public européen est plus lié à la musique que d’autres publics selon toi?

– Oui, je suis ravi d’être de retour à la fois à Freerotation et au Tresor qui sont très spéciaux pour moi. C’est la famille. La première fois que j’ai joué à l’extérieur des États-Unis c’était à Freerotation en 2010. Vers 2008 et pendant les jours MySpace, je suis devenu ami avec Suzyee Bee et Steevio, les fondateurs de Freerotation. Ils ont aimé ce que je faisais et m’ont invité à venir. Je ne pouvais pas le faire jusqu’en 2010. Quand je suis arrivé au Royaume-Uni, je suis devenu un résident du festival. Quand je vivais à Brighton j’ai eu mon premier gig  à Tresor. L’un des bookers a entendu un podcast que j’ai fait, il a aimé et puis m’a donné une date. Depuis lors, j’ai joué là-bas je pense 4 fois et ce sera ma 5ème. J’adore cet endroit, le personnel, les gens … C’est comme à la maison. Je n’ai pas beaucoup de bookings aux États-Unis en mars j’étais à Philadelphie, en Pennsylvanie, avec le  crew [sic] pour jouer avec Jay Hill. C’était une super soirée pour moi mais j’ai l’impression d’être mieux apprécié en Europe.

Sweetlife: Quel est ton processus de sélection de tracks pendant un set? Sais tu exactement ce que tu veux ou fais tu plutôt une grande liste, pour la réduire ensuite?

– Ma sélection de tracks pendant un set est purement fortuite et aléatoire. Je n’ai pas de liste. Habituellement, je ne sais pas ce que je veux jouer et si vous regardez de plus près, vous me verrez  m’agiter comme un maniaque pour trouver le prochain disque, lol. Quand je me prépare pour une soirée ou une tournée, d’habitude je prends les disques que je veux jouer et je remplis les sacs à vinyls. J’en apporte habituellement deux. J’essaie d’emmener une sélection mixte de house et de techno, je ne sais jamais dans quelle direction je peux aller ou comment la foule peut réagir à ce que je fais. Ou d’ailleurs comment je vais réagir à eux.

Sweetlife: Beaucoup de choses ont changé dans l’industrie de la musique depuis le début de ta carrière. Je pense notamment aux téléchargements illégaux, à la disponibilité de logiciels musicaux, etc.Tu es optimiste quant à l’avenir de la musique?

– Je ne peux pas te dire dans quelle direction la musique se dirige. C’est imprévisible! Ce qui a marché dans le passé ne semble pas fonctionner, du moins pour moi. Je ne suis pas célèbre ou d’ailleurs pas très bien connu, malgré toutes les productions  et sorties que j’ai eu au cours de ma carrière.

Quelque part en chemin,  les gens ont écarté le talent pour la popularité. La musique n’a pas d’importance, tout dépend du nombre de personnes qui vous suivent, de votre sang-froid et de ce que vous portiez cette nuit-là. Les médias sociaux peuvent être à la fois un cadeau et une malédiction, même si je déteste la plupart des choses que je vois , j’en ai encore besoin pour aider à promouvoir mon agenda … 🙁

En ce qui concerne les logiciels, je pense que c’est un excellent outil de production musicale. C’est cool de pouvoir produire de la bonne musique sur un ordinateur avec des plugins.Tout le monde n’a pas l’argent ou les ressources pour construire un studio rempli de matériel. Peu importe ce que vous produisez, tant que vous êtes satisfait des résultats et du son, j’ai personnellement utilisé les deux, mais maintenant j’essaie de revenir à une configuration matérielle, c’est comme ça que j’ai appris à faire de la musique.

Sweetlife: Que penses-tu du nouveau son européen, de la techno new school et de la techno old school américaine? Penses tu  que la techno US old school a toujours sa place dans le paysage électronique? Comment te sens tu par rapport à la scène actuelle?

– Old School, New School,… Tout est pareil et ça va et vient en cycles. La seule chose que je ne vois pas est l’originalité, la plupart des nouvelles musiques qui sortent paraissent identiques … Des sons de drones, beaucoup de compression et une sorte d’accumulation. C’est un modèle sûr, comme peindre par numéros. Insérez le Kick et le hi hat ici … le son de drone ici et l’effet là… Si ça marche, ça marche, on peut en dire autant du Hip-Hop, de la  Pop et du Rock moderne. Avons-nous atteint ce point dans la house et la techno? J’espère que non.

Sweetlife: Pourquoi penses-tu  que la House et la Techno ne se sont pas propagées aux États – Unis de la même manière qu’en Europe?

– Ces musiques n’ont pas décollé parce qu’elle ne faisaient pas parties du courant dominant et, à ce moment-là, ce n’était pas commercialisable pour les masses. Je ne suis pas une personne de l’industrie, mais si je devais deviner il y avait une sorte de stigmatisation sur la musique techno et house. La Pop et le Hip-Hop étaient où l’argent était et est  toujours actuellement ici aux États-Unis. L’Europe était le contraire. Nous avons eu une sorte d’épidémie avec l’EDM mais c’est une discussion pour une autre fois. Et oui à tout le monde aux États-Unis qui lit ceci, l’EDM n’est pas la même  chose que la techno ou la house!

Sweetlife: Et les news? Quels sont tes projets / productions en ce moment? Peux tu nous en  parler.

En ce moment je suis dans le « Living Room » en train d’apprendre de nouveaux synthés et d’essayer de créer de nouveaux sons, textures et environnements. Je ressens le besoin d’évoluer et d’élargir mon son. J’ai un track sur le prochain V / A  d’ Axaminer Records basé à Prague et mon prochain EP sous le nom de « Translate – Translucent Techniques Vol. 1 « sortira sur ma propre empreinte Calder City Development Corp. le 17 avril. Et à un moment donné, je vais travailler sur mon 1er LP officiel pour Thema Recordings.

 

 


Interview Anglais

Sweetlife: Hello Myles, How are you ? Where are you right now and where are you living ?

Hello Justine, I’m doing fine, and you? Currently I am in my studio “The Living Room” in my hometown of Grand Rapids, Michigan, USA, where today Mother Nature has decided to remind us all that it is not spring yet… It snowed.

Sweetlife: You are originally from Grand Rapids, Michigan. What about the techno scene and electronic music there right now? Could you explain a bit what’s happened there for our french readers ?

I will expand this question from the techno scene to the electronic music scene since there are various movements in our city that all have a electronic element. Grand Rapids or better yet West Michigan is currently in the process of a re-birth. During the 90’s and early 2000’s the scene was strong and thriving until there was a crackdown on illegal “raves” and underground parties in the city. Drugs were the main reason for this; as a result many venue owners didn’t want to be held responsible for what might happen. With no place to throw events and with no outlet for the music the scene died.  12 years later things are actually starting to happen again in our city. The younger generation has taken over where the old had left off, learning from the mistakes and embracing new concepts and social media tools. In Grand Rapids there are several crews, (Modul8, Vinyl Fetish, 4 4 Sound System, & deep) who are doing great things and events in the city that are expanding and educating electronic music to the masses.

Sweetlife: In 2016, you said in an interview, you have never used CDJ’s and you might try to experiment with. Where are you with this project ? Did you incorporate CDJ’s in your DJ Set ?

Yes…. I did say this. Lol, and Im not very far in this project. I did buy 1 CDJ but I’m still not confortable with incorporate it into my “LIVE” dj sets. I know it sounds a bit mental but I’m kind of scared to do so. I get so many excellent digital promos, which I do use in podcast but I just do seem to have the courage to attempt to use the CDJ in a club. Hopefully I will get out of this frame of mind soon. I have a few upcoming gigs this month here in Grand Rapids and in Paraguay so lets see what happens.

Sweetlife: You also lived in Brighton. Could you speak about this period there ? Why did you move there ?

My time in Brighton was bittersweet; I lived there for about two years. The reason I moved there was to get married to a girl who I was dating. Sadly it didn’t last but I did meet some amazing friends both in music and in a personal capacity that I still keep in contact with till this day. Shouts out to Will Sumsuch and Tobias Schmidt.

Sweetlife: Let’s speak about your summer tour in Europe! July 6-8 > Freerotation festival in Wales at the beginning of July, and then Tresor.Berlin (OFFICIAL) on the 14 of July.Two crazy gigs, two crazy venues. You already played many times there, could you explain how and when were your first booking there ? European public is more connected with music than other public for you ?

Yes I’m excited to be back at both. Freerotation and Tresor are very special for me, their like family. The 1st time I played outside of the U.S. was at Freerotation in 2010. Sometime around 2008 and during the MySpace days I became friends with Suzyee Bee and Steevio, the founders of Freerotation. They liked what I was doing and invited me to come. I could not make it until 2010. When I moved to the U.K. I became a resident of the festival. When I was living in Brighton I got my 1st booking at Tresor. One of the bookers heard a podcast I did, liked it and then the booking came. Since then I have played there I think 4 times and this will be my 5th. I love that place, the staff, the people… Its like home. I don’t get booked much in the U.S. up until this pass March in Philadelphia, PA when the [sic] crew brought me out to play with Jay Hill. It was a GREAT night for me but I seem to get more love in Europe.

Sweetlife: What is your process of selecting songs during a set? Do you know exactly what you want or is it a process of making a big list and then trimming it down?

My song selection during a set is purely by chance and it’s random. I don’t have a list; I usually don’t know what I want to play and if you look closely you will find me in a manic dash to find the next record, lol. When I prepare for a gig or tour I usually just grab records that I want to play and I fill up the record boxes. I usually bring two. I try to bring a mixed selection of both house and techno, I never know what direction I may go in or how the crowd may react to what I’m doing. Or for that matter how I will react to them.

Sweetlife: A lot has changed in the music industry since you first set out on your career I can imagine, with illegal downloads, the availability of music making software etc. Do you feel hopeful about the future of music?

I can’t tell you what the direction of this music is. It’s unpredictable! What worked in the past does not seem to work, at least for me. I’m not famous or for that matter not very well known, despite the various number or releases I have had during my career. Somewhere along the line people discarded talent for popularity. Music does not matter, its all about how many people follow you, who your cool with, and what you were wearing that night at the gig. Social media can be both a gift and a curse, as much as I hate most of the shit I see on there I still need it to help promote my agenda…. 🙁 As far as software I think it’s a great tool in music production. Having the ability to produce good music on a computer with plugins is cool. Not everyone has the cash or resources to build a studio filled with hardware. It doesn’t matter what you use to produce as long as you’re happy with the results and its good. I personally have use both but now I’m trying to go back to a hardware only set up. Its how I learned to make music.

Sweetlife: What do you think about new european sound, new kind of techno and old school US techno ? Do you think that olschool US techno has still her place in the electronic landscape ? How do you feel about the state of the scene at present?

I don’t really see a difference between the two. To me techno is techno. Old school, new school… Its all the same and It comes and goes in cycles. The only thing I don’t see is originality, most of the new music that comes out all sounds the same… Drone sounds, lots of compression and some sort of build up. It’s a safe template, like painting by numbers. Insert kick and high hat here… drone sound here and effect here. If it works it works, the same can be said for modern day Hip-Hop, Pop, and Rock. Have we gotten to that point in house and techno? I hope not.

Sweetlife: Why do you think House and Techno didn’t spread in the U.S. the same way as in Europe?

It didn’t take off because it was not in the main stream and at that point in time it was not deemed marketable to the masses. I’m not industry person but if I had to guess there was some sort of stigma but on techno and house music. Pop and Hip-Hop was where the money was and currently is here in the U.S. Europe was the complete opposite. We did have sort of a outbreak with EDM but that’s a discussion for another time. And yes to anyone in the U.S. who is reading this EDM is NOT the same as techno and house!

Sweetlife: What about the news ? Are you working on some projects/productions at the moment ? Could you speak a bit about that …

At the moment I’m in the “Living Room” learning new synths and trying to create new sounds, textures and environments. I feel the need to evolve and expand my sound. I have a track on a upcoming V/A on Prague based Axaminer Records and my next EP as my alias “Translate – Translucent Techniques Vol. 1” will be releasing on my own imprint Calder City Development Corp. on the 17th of April.  And at some point I will be working on my 1st official LP for Thema Recordings.