L’Amsterdam Dance Event (ADE) est l’évènement phare de la musique électronique en Europe : cette année le record de fréquentation a été battu avec 400 000 visiteurs venus faire leur pèlerinage électronique dans la capitale néerlandaise. Mais alors quelles sont les raisons qui attirent ces centaines de milliers de visiteurs chaque année ? Voici une partie de la réponse, avec les 7 raisons qui nous convainquent chaque année de poser 1 semaine de congé en octobre.

1) Pouvoir choisir de vivre le jour (et) ou la nuit

L’Amsterdam Dance Event commence officiellement le mercredi en journée pour se terminer le lundi matin : la capitale se mue ainsi en énorme fête non-stop pendant 120h. Durant ce laps de temps, libre au visiteur de choisir son rythme de vie : sortir la nuit parmi les 450 évènements proposés et dormir le jour, ou plutôt faire l’inverse en profitant des 600 évènements en journée. Le weekend, de nombreux festivaliers font les deux. Il faut dire qu’ils ont le choix avec la myriade de soirées sans fin : Awakening dans le mythique Gashouder enchaîne des évènements jour et nuit, le Warehouse Elemenstraat propose des soirées de 24h qui n’en sont plus, AudioObscura part en after de 7h à 14h au sommet de la tour A’DAM… De quoi faire perdre le nord à son horloge biologique, mais surtout de quoi profiter des nombreux évènements à sa propre sauce en fonction de sa forme et de son humeur.

La soirée de Second State à De Marktkantine. (Clélia Polimeni)

2) Profiter d’infrastructures de haut niveau

Les néerlandais sont extrêmement bien lotis en terme d’infrastructures culturelles, d’autant plus dans la capitale : on rencontre des salles de concerts et autres clubs absolument partout et sous toutes les formes. Les hollandais et leur pragmatisme légendaire n’ont aucun soucis à organiser des soirées dans une gare, un musée, une friche ou encore une école.

Ce dernier exemple est celui de Het Sieraad, une école de commerce rénovée en 2015 où les maîtres d’ouvrages ont profité du rafraîchissement pour y intégrer 3 salles à vocation culturelle. La plus grande d’entre elles, appelée justement l’Atrium, est située dans la cours de l’établissement sous une immense verrière culminant à 16 mètres de hauteur. Un lieu impressionnant qui a tourné toute la semaine avec notamment une soirée acid recevant Rachmad, Traumer, Steve O’Sullivan ; ainsi que la soirée Maeve Rave avec entre autres Mano Le Tough et Jennifer Cardini.

La cours du Het Sieraad. (Het Sieraad)

Les hollandais l’ont compris avant nous : la musique électronique rapporte de l’argent et fait partie intégrante de la société. A partir de ce constat, il est tout à fait logique d’investir dans des infrastructures de qualité ou de détourner des lieux de leur usage premier pour satisfaire la demande. Et avec plus de 200 lieux ouverts sur la semaine, on peut dire que la demande a été satisfaite.

Le théâtre Stadsschouwburg où se déroulent de nombreux évènements culturels. (Clélia Polimeni)

3) Ecouter des systèmes son d’exception

Tout comme les infrastructures, les systèmes-son bénéficient d’investissements colossaux et valent à eux seul le détour. De nombreux clubs ou lieux éphémères sont connus pour leur installation sonore à travers le monde entier. C’est le cas du Warehouse Elemenstraat et sa vingtaine de tweeters Funktion-One, ou encore du dernier né Shelter et son système 4 points lui ayant valu un long article (en anglais) expliquant tous les détails techniques de l’installation.

Le « Wall of Sound » au Warehouse Elemenstraat pendant l’ADE 2017. (Warehouse Elemenstraat).

 

Un distributeur de PA à De Marktkantine.

 

Les excellents systèmes-son permettent un ressenti de la musique qu’on ne rencontre que très rarement en France. De plus, tous les lieux proposent des protections auditives de qualité (oubliez les bouchons orange de chantier) et réutilisables à tout petit prix (moins de 5€), accessibles via un distributeur.

 

 

4) Retrouver toute la crème de l’électronique au même endroit

Pour remplir les 1000 évènements de la semaine, l’ADE programme plus de 2500 artistes représentant tout le spectre de la musique électronique. Une aubaine pour enfin voir un artiste qui se produit peu, ou encore pour découvrir de nouveaux styles.

Un échantillon de la programmation 2018. (ADE)

Et nous sommes certains que vous trouverez votre artiste préféré.e sur la programmation.

5) Se sentir à l’aise au pays de la tolérance

Comme le dit le Lonely Planet « les Pays-Bas en général, et Amsterdam en particulier, ont 15 ans d’avance sur le reste de la planète sur certaines questions de société ». Et cela change tout à la vie du festivalier. D’abord, le rapport avec les locaux est tout à fait différent de celui qu’on peut avoir quand on s’expatrie dans un autre pays pour faire la fête. Ici vous ne serez pas vu comme un « nuisible » mais vous serez bien accueilli et intégrés par les locaux qui semblent se réjouir de l’arrivée des étrangers.

Ensuite, la législation ne stigmatise pas les consommateurs de drogue et les pouvoirs publics préfèrent la prévention à la répression. Le cannabis est toléré en petite quantité (5g) dans la plupart des clubs, et plusieurs lieux permettent de tester ses drogues pour seulement 3€. Le but, vous l’aurez compris, est d’accompagner la consommation pour en réduire les risques, plutôt que de faire comme si elle n’existait pas et déplorer les morts par overdose.

Le fascicule de prévention spécialement édité pour l’ADE. (Unity)

Enfin, les néerlandais ont tout simplement le sens de la fête et on s’habitue agréablement à l’ambiance chaleureuse : main sur l’épaule quand on se déplace dans la foule, soutient aux personnes qui ne sentent pas bien, discussion décontractée avec les vigiles et le personnel… La fête n’apparaît plus comme un défouloir hors du temps mais plutôt comme un moment naturellement intégré au quotidien.

6) Se déplacer rapidement et efficacement

Le vélo, moyen de transport idéal à Amsterdam. (Clélia Polimeni).

Le réseau de transport d’Amsterdam figure parmi les meilleurs au monde. Les nombreuses lignes de tramway, bus, train et bateaux maillent toute la ville et les fréquences sont renforcées pendant l’ADE. On perd donc rapidement le réflexe Uber et notre portefeuille nous remercie : il coûte seulement 27,50€ de voyager en illimité pendant 5 jours.

L’autre moyen de déplacement de prédilection des amstellodamois est bien évidemment le vélo. Cette année la météo extrêmement clémente a rendu son utilisation encore plus agréable. Quelques minutes suffisent pour accéder à la majorité des évènements, et il est facile de se « garer » à 2 pas de la porte des clubs. Niveau prix, il faut compter une trentaine d’euros pour une location de 5 jours.

 

 

7) Se renseigner sur des sujets plus larges que la musique électronique

Une grande partie du programme de l’ADE est dédié aux conférences, c’est même le point fort du festival qui se considère comme le plus grand festival-conférence au monde. Tous les sujets qui touchent de près ou de loin à la musique électronique sont abordés : le futur des instruments, la façon dont les raves peuvent être un moteur des révolutions, le sexisme présent dans le milieu, la santé des oreilles… le tout en présence de professionnels de tous bords (ingénieurs, élus, DJs, producteurs…).

La conférence « Rave for a Revolution ». (Clélia Polimeni)

 

7 bonnes raisons de ne pas manquer l’ADE 2019… et les suivantes.

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Photo à la une : Piet van Strijp.