Le Fusion a publiquement et vivement dénoncé l’attitude d’un de ses DJs dans sa newsletter annuelle.

Festival mythique de musique électronique et d’arts divers, le Fusion a lieu chaque année lors du dernier weekend de juin et attire entre 60 et 70 000 personnes Outre-Rhin. Refuge contre le mainstream, temple de l’underground, paradis des hédonistes, le festival se démarque en refusant les sponsors, les médias, et en basant son organisation sur la particpation démocratique et l’auto-gestion.

Souvent comparé au Burning Man, le Fusion est considéré comme une référence et ce bien au delà de la sphère de la musique électronique. Lorsque l’association organisatrice Kulturkosmos communique publiquement, hors des forums habituels qu’elle utilise pour discuter des sujets touchant au festival et à sa communauté, sa parole est donc attentivement écoutée.

Une politique « no-photo » stricte

Comme dans de nombreux clubs en Allemagne, le Fusion permet à ses visiteurs de profiter du festival sans craindre d’être pris en photo ou filmé, en interdisant purement et simplement les photos et vidéos. Contrairement à certains clubs, aucune gommette n’est posée sur le capteur photo mais un « code de conduite » est porté à la connaissance des visiteurs.

Du côté des artistes, la règle est légèrement différente. Les artistes étant « peu rémunérés » pour leur prestation, la captation vidéo est tolérée à condition de respecter deux règles : aucun cameraman n’est autorisé à se balader sur la scène afin de ne pas perturber l’expérience des festivaliers ou d’interférer avec  la scénographie ; et surtout aucun plan de la foule permettant de reconnaître une personne ne doit être capturé.

L’artiste vivement critiqué pour son attitude

L’incident s’est déroulé lors de la dernière édition du Fusion, en juin 2018. Avant son set, Oliver Schories aurait installé des petites caméras autour du booth sans en avertir quiconque de l’organisation. La vidéo du set a été publiée immédiatement après sur Facebook et laissait apparaître les festivaliers de la foule, entravant le principe d’anonymat du festival. Dans sa newsletter, les organisateurs se disent « choqués », et n’hésitent pas à qualifier son attitude de « narcissique ». Ils rappellent que leur évènement se veut être « différent des lieux où le numérique se répand de manière effrénée » et demandent aux visiteurs de « garder les souvenirs dans leurs coeurs et non dans leur carte mémoire ».

La vidéo est depuis introuvable sur internet, seul l’enregistrement est disponible ainsi que le post de remerciement publié par le DJ :

 

A l’avenir, les organisateurs promettent d’insister davantage auprès des artistes sur ces règles afin de faire respecter « l’esprit du Fusion et la liberté de faire la fête sans être filmé ».

Une incrimination publique qui mettra en garde les artistes voulant se mettre en avant au dépit d’une des rares règles dictée par le festival.