Le DGTL (prononcer « Digital ») est un festival de musique électronique hollandais qui s’est exporté partout dans le monde avec des éditions chilienne, brésilienne, espagnole et israélienne. En plus de ses programmations variées et de qualité, mêlant DJ sets et lives, tête d’affiche et artistes émergeants, le festival se démarque avec un programme écologique ambitieux et notamment la volonté d’être le premier festival 100% circulaire d’ici 2020, c’est à dire zéro déchet et zéro émission de C02.

Un Food Lineup à faible empreinte

Photo : auteur, 2016

En 2016, le DGTL avait fait beaucoup parler lorsqu’un communiqué annonçait la fin de la vente de viande sur les stands du festival. Une décision logique (et argumentée) pour un festival écolo quand on sait que la restauration représente une large part de l’empreinte environnementale produite sur la manifestation. Alors que dans la section commentaire le débat faisait rage, les organisateurs ne reviendront pas sur ce changement qui semble désormais acquis et même compris.

Cette année, le festival va encore plus loin pour améliorer le bilan carbone de sa carte en s’attaquant à un problème majeur du système productiviste : alors qu’à l’échelle mondiale 1/3 de la production de nourriture est gaspillée, le festival décide de retourner le problème en proposant sur ses stands de la nourriture sauvée de la poubelle. N’allez pas imaginer que la carte comportera des ingrédients chinés au fond des ordures, mais plutôt que le festival s’approvisionnera en « fruits moches » qui sont normalement écartés de la chaîne car ne répondant pas aux critères esthétiques imposés par les distributeurs. A la fin du festival et via son partenaire Instock, les invendus seront « sauvés » et redistribués.

Un laboratoire d’éco responsabilité

A côté des stands de nourriture, l’engagement éco-responsable du DGTL sera visible un peu partout, en commençant par le p’tit coin : les toilettes sèches, très répandues dans nos festivals, seront présentes à Amsterdam où il est bien moins courant d’en croiser. Un système novateur permettra d’évaporer l’eau présente dans les matières et de valoriser en fertilisant les matières sèches restantes. Un process ingénieux et efficace car 90% de ces déchets organiques sont composés d’eau.

Une fois sortis des toilettes, les festivaliers pourront visualiser la seconde vie qui est réservée à leurs déchets produits pendant les festivités. Une Resource Street mettra en avant tous les objets réalisés à partir de bouteilles plastiques ou autres canettes collectées.

Photo : The Media Nanny

Pour une partie du décor, le festival s’est allié avec la marque de lunette Ace & Tate pour valoriser des verres de lunettes défectueux destinés à la poubelle. En résulte une oeuvre d’art appelée « Refract », emblème de cette édition qui sera ensuite exposé dans divers lieux, montrant le potentiel de l’art recup’.

Du côté de la consommation énergétique, autre talon d’Achille environnemental d’un festival situé sur un lieu éphémère, le festival teste de nombreuses techniques d’approvisionnement durable. Une scène est par exemple alimentée exclusivement à partir d’énergie solaire et un système permet de récupérer la chaleur de la foule.

Et puisque l’empreinte environnementale d’un festival ne repose pas uniquement sur les festivaliers, les artistes seront logés dans un hôtel à énergie passive (qui produit autant d’énergie qu’il en consomme). De là, ils seront transportés jusqu’au festival en véhicule électrique.

8 scènes, 3 soirs, 2 jours, 90 performances

Le DGTL n’a jamais voulu être l’un de ces mastodontes qui brassent des centaines de milliers de visiteurs sur un weekend. Pourtant, avec ses 8 scènes et ses 90 performances, la programmation du festival a de quoi faire pâlir les grosses machines. De la scène dédiée aux lives sur laquelle monteront notamment Rone, George Fitzgerald, Satori ou encore Max Cooper, en passant par l’impressionnant chapiteau « Modular » qui accueillera Dixon, Maceo Plex, Laurent Garnier, Bicep et sans oublier le fameux hangar « Generator » qui recevra Len Faki, Bjarki, Rodhad ou Dr Rubinstein, les programmateurs ont fait le tour des têtes d’affiches tout en dénichant quelques talents moins réputés.

Au delà des artistes, on attend du festival amstellodamois une production spectaculaire et notamment un light show à la hauteur des plus grands festivals mondiaux.

Rendez-vous du 19 au 21 avril pour le lancement de la saison des festivals : et pour rester cohérent avec l’esprit du festival, nous vous encourageons à privilégier le train pour vous y rendre.

Lien vers la billetterie (attention bientôt sold-out !).

Lien vers l’évènement Facebook.

En savoir plus sur la fondation Revolution à l’origine du programme éco-responsable.