Chaque weekend de Pâques depuis 2013, le festival DGTL prend place sur les quais du quartier NDSM au nord d’Amsterdam sur un créneau de journée (12h-23h). D’un petit festival à taille humaine et aux moyens limités, le festival fait désormais parti des grands avec ses 8 scènes et des moyens phénoménaux en scénographie, lumières, son et… programme écologique.

Un quartier durable pour un festival exemplaire

Le DGTL a grandi au fil des années avec son port d’attache, le quartier NDSM. Nouveau quartier créatif symbole de la ville durable, on y croise des friches portuaires réhabilitées, des bateaux upcyclés en maisons, des jardins collaboratifs ou encore des bars construits à base de matériaux de récupération.

Photo : Open Minded

 

Des panneaux solaires en forme de fleur rechargent les générateurs.

Certainement impulsé par ce terroir écologique fertile, le festival se place depuis quelques années en fer de lance de l’éco-exemplarité : ici, en lieu et place des générateurs au diesel sources de nombreuses pollutions de l’air, on alimente les scènes avec des générateurs à énergies renouvelables (biogaz et photovoltaïque).

 

 

Les repas sont végétarien et « anti-gaspi ».

Afin de réduire l’empreinte carbone de la restauration, le festival a fait le choix en 2016 de bannir purement et simplement la viande de ses menus : un choix légitime quand on sait qu’un repas carné est 10x plus lourd en CO2 qu’un repas végétarien. De plus, cette année, les menus étaient élaborés à partir d’invendus alimentaires.

 

Seule nouveauté peu appréciée cette année, le système de consigne des gobelets : alors qu’à notre première visite en 2016, les gobelets et même les bouteilles plastiques étaient consignés et permettaient d’être récompensés lorsqu’on prenait la peine de les ramasser, un nouveau système a été mis en place cette année. Les festivaliers doivent acheter le gobelet au prix fort de 2€, et ne peuvent que l’échanger contre un jeton qui permettra d’obtenir un nouveau gobelet. Impossible cependant de récupérer la consigne de 2€ de son propre verre ! De ce fait, plus personne ne prend la peine de ramasser les bouteilles au sol, et les organisateurs gagnent injustement de l’argent sous couvert d’écologie…

Des scènes grandioses

Avec ses 8 scènes et ses 90 performances, le festival offre l’embarras du choix. Les organisateurs s’étaient préparés à toutes éventualités côté météo en prenant le soin de couvrir l’ensemble des scènes. L’une d’entre elle, l’AMP, comprenait un toit complètement transparent façon serre et permettait de profiter du soleil présent sans discontinuer pendant les 2 jours. Ici notre extrait du set de Honey Dijon sous le soleil printanier :

Photo : Kirsten Van Santen

Le scène Generator, la seule dans un bâtiment, était quant à elle située dans un magnifique entrepôt témoin de l’époque où le port fut encore en activité. C’était elle qui assurait l’after une fois le festival terminé.

Toutes les autres scènes étaient couvertes par des structures éphémères : chapiteaux, dôme, conteneur et même reproduction d’une chapelle en bois.

 

 

Photo : Tim Buiting

Les lumières quant à elles, étaient parfaitement adaptées aux lieu, oscillant entre gigantisme pour les plus grandes scène et ambiance tamisée pour les petites. Au son, Funktion One était au rendez-vous sur toutes les scènes (excepté dans la Generator). Une bonne nouvelle pour les amateurs de basses profondes et d’aigus claquants, mais un mauvais choix pour la scène Live : le passage de la chanteuse venue réinterpréter la voix de Lil Silva sur le morceau « Roll Back » de Georges Fitzgeralld était quasiment inaudible. Une critique souvent faite pour ce système conçu pour retransmettre les fréquences hautes et basses, avec un « trou » dans les médiums. Un défaut rattrapé par un excellent mapping assuré en live sur l’écran géant faisant office de fond scène.

La plus grande scène du festival, la Modular accueillait les plus grands noms avec notamment Laurent Garnier, Dixon, Bicep ou encore Maceo Plex dont voici un extrait :

Chill, eat, repeat

Alors que le festival est globalement décoré de façon brute, avec des éléments industriels provenant du quartier (grues, conteneurs…), quelques installations d’art venaient compléter l’espace. Deux d’entre elles ont retenu notre attention.

La première, parfaitement intégrée dans le thème de cette édition « Refract », était constituée de milliers de verres de lunettes qui auraient du finir à la poubelle à cause de leurs défauts de fabrication. Un symbole fort qui montre que les déchets des uns peuvent être les ressources des autres.

Photo : Jordy Brada
Photo : Jordy Brada

La seconde, beaucoup plus high-tech, était une installation son & lumière immersive de 80 mètres composée d’une centaine de néons reposant sur des câbles motorisés suspendu sous des dizaines d’enceintes. Le son, spatialisé, semblait prendre vie sous forme de géantes vagues lumineuses. Un live facebook de l’ouverture de l’oeuvre est disponible ici.

C’est aussi ça le DGTL : de larges espaces pour se poser, admirer des oeuvres d’art ou bien manger.

Au menu, on a le choix entre des classiques comme les burgers (végé bien sûr) et des frites, ou bien des spécialités locales telles que les tostis. Niveau prix, il fallait compter 6,5€ le sandwich ou 8,5€ le burger, ou encore 3€ le demi. Des prix corrects pour un festival, d’autant plus que la qualité était au rendez-vous !

 

Photo : Kirsten van Santen

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Photo à la une : Tim Buiting