Les Nuits Sonores, festival urbain emblématique de la ville de Lyon, étaient de retour avec une recette magique quasi inchangée : un concert d’ouverture à l’auditorium, un programme de nuit dans des immenses hangars, un programme de jour plus détendu et chill au bord de la Saône, et des Extras gratuits organisés par des collectifs locaux. Tour d’horizon de cette 17ème édition ayant accueilli plus de 70 000 personnes.

Le cours de musique de Chilly Gonzales en guise d’ouverture

Pour démarrer cette édition, les programmateurs ont fait appel à Jason Charles Beck, aka « Chilly Gonzales » pour un concert à l’auditorium de Lyon. Gonzales cumule les casquettes d’auteur, compositeur, pianiste et même rappeur. Il a laissé son empreinte dans la musique électronique via notamment ses collaborations avec Daft Punk pour leurs albums Daft Club (2003) et Random Access Memories (2013), dans lesquels il a été « utilisé d’une façon très appropriée » comme il le décrit dans une interview pour Vice.

Photo : Youcantbuybuy Studio

Dans un auditorium plein à craquer, Gonzales déroule ses titres et reprises accompagné de la violoncelliste Stella Le Page et du batteur Joe Flory. Entre chaque titre, le public a le droit à une anecdote sur la longue carrière du maestro. On apprend ainsi que sa fameuse collaboration avec Drake était à l’origine issue d’un plagiat du rappeur américain, qui avait utilisé son titre « The Tourist » tel quel dans son morceau « Outro » sans même cité l’auteur. L’histoire s’est bien terminée en 2019 lorsque Drake ressortit le morceau en créditant cette fois Chilly Gonzales.

Vive la techno de jour !

C’était le pari pris par l’organisation en 2011, lors des premières éditions des « Days » : donner une place à la techno et la house en pleine journée, dans un format festival payant. Le lieu choisi, dans le complexe de La Sucrière où trône la fameuse boîte Le Sucre sur le rooftop, a très certainement aidé à son succès. Situé au bord de la Saône et doté d’un grand espace extérieur, l’espace permet d’accueillir 2 scènes dont une centrale en intérieur et l’autre couverte équipée d’un système son Void. La programmation des 4 journées est confiée respectivement à Bonobo, Peggy Gou, Maceo Plex et Lena Willikens.

 

L’Esplanade

L’accès aux différents bars se fait rapidement, la circulation entre les espaces aussi, excepté pour le club dont la capacité est limitée. La scénographie minimaliste met en avant le passé industriel du quartier, et n’est pas sans rappeler le DGTL Amsterdam.

Résultat : des sets dansants et énergiques, un public plus âgé que la nuit et une très bonne vibe. Le pari est donc gagné et la musique électronique a encore de belles journées devant elle !

Les nuits lumineuses

Ne l’oublions pas, les Nuits Sonores c’est avant tout… les Nuits. Les moyens mis en place pour plonger les visiteurs en immersion sont là rappeler qu’il s’agit bien de l’attraction principale.

Le site, repensé cette année, a été équipé d’un large espace chill en extérieur cette fois (fini l’écho qui casse les oreilles), d’un hangar dédié à la restauration et de trois autres pour les scènes.

Le majestueux Hall 1 d’abord, dont la conception lumières a été confiée à Yves Cazeirgues, était sur-équipé en lumières avec entre autres machines 96 « MagicPanelR » qui donnaient un effet 3D impressionnant au light show. Sur scène, des lives principalement avec les passages de John Hopkins, Meute, Richie Hawtin et Flavier Berger. Laurent Garnier, assidu au festival depuis plus de 10 ans, y est également passé comme le montre notre extrait de son set :

Le Hall 2 ensuite, plus petit mais également bien équipé, a accueilli Marcel Dettmann, Tony Allen & Jeff Mills, Juan Atkins sous son pseudo live J-Zbel et I Hate Models  :

Enfin, la troisième stage, consacrée aux retransmissions en live sur Boiler Room, était dotée d’une scène centrale entourée de tubes lumineux suspendus, donnant encore une fois un light show immersif. Notre coup de coeur sur cette scène était la performance de Camion Bazar qui mêlait habillement DJ sets et live percussions et saxophone. Une performance qui n’a pas non plus échappée aux oreilles aiguisées de Resident Advisor, qui l’a placé dans ses 5 meilleures performances de la semaine. Extrait à voir dans notre autre vidéo :

Un programme riche… enrichi

En plus du programme de jour et de nuit accessibles avec des tickets, les organisateurs ont laissé carte blanche à des collectifs locaux pour organiser des concerts gratuits partout dans la ville au fil de la semaine : Piscine du Rhône avec les collectifs Pardonnez-Nous et Boudin Room accueillant respectivement Nu Guinea, Boo Williams puis Buzy P et Mezigue ; Le Lavoir Public avec la très intimiste soirée Bonjour l’Ambient accueillant Seth Troxler ft. Phil Moffa sous leur duo Lost Souls of Saturn ; ou encore la Block Party organisée dans une ancienne cimenterie et mettant en avant les arts urbains.

La Block Party (Photo : Brice Robert)

Entre deux « Nights », la soirée du jeudi est consacrée au « Circuit » qui parcourt 13 lieux culturels lyonnais. Chaque étape présente une programmation pointue accessible au petit prix de 5€. De quoi découvrir la ville en faisant la fête sans pour autant se ruiner.

Pour couronner le tout, des conférences et workshop gratuits sont ouverts à tous.tes.

Le fleuron des festivals électro français

Les Nuits Sonores s’affirment ainsi comme l’étendard des festivals électroniques français, en reprenant à sa sauce les ingrédients de festivals urbains reconnus mondialement comme l’ADE. Pendant une semaine, les Nuits So ont réussit à répandre un esprit convivial et jovial de fête dans la ville tout entière. Les installations light des Nuits, qui à elles seules valent le détour,  font honneur à la Ville des Lumières.

La variété de son programme, mêlant festival de jour et de nuit, des concerts, des lieux et configurations différentes, des soirées organisées par des collectifs locaux, des conférences… font des Nuits Sonores un festival en poupée russe qui attire de plus en plus de visiteurs (+40% en 2019 par rapport à 2018).

Nos photos de la semaine :