Days Off Festival suit son cours à la Philharmonie de Paris. Débuté le 4 juillet, il a déjà accueilli la troisième édition de « Toi, toi mon toit » menée par une main de maitre, celle de Laurent Garnier.
H-Burns a joué en première partie de Cat Power dans la grande salle Pierre Boulez, et Scratch Massive a précédé la Conference Of Trees de Pantha du Prince dans la Cité de la Musique.

Liminal Bath by Jónsi, Alex Somers, Paul Corley – Days Off Festival 2019 © Philharmonie de Paris

Le premier dimanche du festival, nous avions rendez-vous pour assister à la première française de Liminal Bath, présenté par Jónsi, Alex Somers et Paul Corley.
En pénétrant dans la salle des concerts, on est plongés dans un doux brouillard et une lumière tamisée. Sur le sol sont posées des bougies et se dessinent des silhouettes allongées les unes à côté des autres. Le son crépite, la voix de Jónsi s’élève, le parterre vibre en harmonie avec les basses et la scénographie lumineuse habille cet écrin en toute volupté.
À travers l’obscurité, l’on distingue à peine les artistes si ce n’est une main ici et là parcourant les instruments et un microphone se rapprochant des lèvres du chanteur. Cela rajoute un côté mystique à l’expérience. La beauté atmosphérique de Liminal Bath plonge les spectateurs dans un état de rêverie éveillée. Jónsi, Alex Somers et Paul Corley s’effacent physiquement par le biais de la scénographie pour mettre en avant leurs fascinantes sonorités.
Ce bain sonore se savoure tranquillement pendant 1 heure et 10 minutes et sollicite les sens avec délicatesse. Un festivalier le qualifiera sur les réseaux sociaux, de « frissons permanents » et « concert de rêve » !

Thom Yorke – Days Off Festival 2019, Philharmonie de Paris © Cindy Voitus

La seconde semaine de Days Off déferle à toute vitesse à la Philharmonie de Paris, sous les puissants battements d’Andrea Belfi. Percussionniste italien de talent, il se montrera infatigable et imperturbable lors des 40 minutes de la première partie du spectacle de Thom Yorke. L’occasion pour lui de dévoiler son nouvel EP Strata conçu sur une musique nord-africaine empreinte de mysticité.
À chaque impact sur la caisse, se répercutent sur le plafond de la grande salle Pierre Boulez, les lumières émanant de la scène.
Devant un écran bleu lumineux, apparaît soudainement Thom Yorke sous les applaudissements du la foule. Sa voix accompagnée des visuels hypnotiques invite les spectateurs à la contemplation. Les corps se délient dans la pénombre, éclairée aléatoirement au fil des images qui défilent au dos de Thom Yorke.
Le performeur ressent chaque sonorité et se livre entièrement au public. Il entre dans un état proche de la transe et chacun de ses mouvements corporels est très expressif. L’audience le suit, les bras se lèvent sur le parterre, des gens dansent tout en haut sur les balcons, des petits cris de joie se font entendre. Ainsi, c’est devant un auditoire conquis que Thom Yorke achève la deuxième et ultime représentation de Tomorrow’s Modern Boxes à la Philharmonie de Paris.

Thom Yorke – Days Off Festival 2019, Philharmonie de Paris © Cindy Voitus
Thom Yorke – Days Off Festival 2019, Philharmonie de Paris © Cindy Voitus

Il reste encore de beaux concerts à venir, dont le fameux Kraftwerk 3D les 11-12-13 juillet, qui se déroulera notamment dans la grande salle Pierre Boulez. Tandis qu’à la Cité de la Musique, le dernier jour de Days Off (en outre le 13 juillet), vous retrouverez Chloé en duo électro-acoustique avec Vassilena Serafimova, ensuite le nouveau live set d’Apparat.

La dixième édition du festival Days Off fait rayonner la musique électronique (et pas que) et l’accueille chaleureusement dans des lieux qui sont en général plus ouverts sur le monde classique. Ce qui n’est pas sans rappeler Expo Electro qui s’y tient actuellement et ce jusqu’au 11 août, celle-ci étant une invitation à écouter la musique électronique autrement.

 

Days Off Festival 2019 – Philharmonie de Paris © Cindy Voitus
Thom Yorke – Days Off Festival 2019, Philharmonie de Paris © Cindy Voitus
Thom Yorke – Days Off Festival 2019 – Philharmonie de Paris © Cindy Voitus