Bordeaux, mois de septembre 2019. Les nouveaux étudiants investissent les terrasses du centre-ville alors que les journées se raccourcissent de plus en plus. Pour autant, de belles journées ensoleillées persistent, de même que les douces soirées estivales. Néo-habitants et locaux ne demandent qu’une chose : profiter des dernières bribes d’un été fuyant.

Dans la continuité du dynamisme regagné des soirées bordelaises ces dernières années, plusieurs collectifs ont profité de la rentrée pour organiser une sorte de marathon festif comme Bordeaux en a peu connu.

Retour sur cet enchaînement de soirées qui ont tué dans l’oeuf la morosité de la rentrée.

 

samedi 21 : Journée Électronique par FIMEB

La Fédération Inter-associative des Musiques Électroniques de Bordeaux, nouveau collectif regroupant 12 acteurs électroniques bordelais, a célébré son union en organisant un concert géant au pied du porte étendard de l’art contemporain girondin, nouveau lui aussi : la MECA.

Photo : FIMEB

En contre-bas de l’imposant bâtiment, une scène bien équipée accueille une journée de DJ sets gratuits jusqu’à 01h. Derrière les platines, 20 artistes issus des collectifs membres enchaînent des DJ sets affirmés, allant de l’acid house à la techno breakée.

L’objectif affiché par les organisateurs, « promouvoir une scène unie, forte et effervescente » semble réussi, avec 3500 personnes sans doute convaincues par le dynamisme de ces collectifs. Vivement la suite !

 

mardi 24 : La Sauterie par Fury’Kane et Start it

La semaine a peine entamée, le BDE de l’école de commerce KEDGE investit l’un des meilleurs spots de l’ancien port de la lune : Chez Alriq, la célèbre guinguette éphémère des bords de la rive droite.

Photo : auteur

Pour une des dernières de la saison dans ce lieu prisé des amateurs de coucher de soleil, les étudiants ont invité le crew SUPER Daronne pour un DJ set ; le duo Robby & Stupid Flash pour un live mêlant basse, clavier et boîte à rythme ; avant un dernier live de Vitess jusqu’à 01h. La pinte à 4€ compense le ticket d’entrée à 10, et les performances lives de house groovy font se déhancher la foule comme un samedi soir dans une ambiance bon enfant.

Une rentrée originale et réussie pour ces étudiants qui ont pour certains pu rencontrer leur nouveau co-pilote de soirée… ou de BU, c’est selon.

 

mercredi 25 : Heures Heureuses par Darwin et SUPER Daronne

Les beaux jours encore présents, le rendez-vous hebdomadaire de Darwin continue de faire tourner les platines sous son fameux Vortex. A l’occasion des deux ans du collectif hyperactif SUPER Daronne, 2 scènes sont cette fois déployées, avec un système son additionnel en place dans le restaurant du Magasin Général.

Photo : Darwin (illustration)

On peut ainsi passer de la house teintée de disco en intérieur à des sonorités davantage techno sous le Vortex. La soirée aux airs de micro festival est elle aussi organisée sur le créneau gagnant du début de soirée, avec une fin programmée à 0h. L’ambiance s’en ressent : sourires, regards amicaux… on est loin de l’ambiance parfois trop ténébreuse du clubbing classique.

 

jeudi 26 : Les Campulsations par Le Crous Aquitaine

Traditionnel de la rentrée universitaire bordelaise, le festival des Campuls’ investissait pour la 12ème fois le campus de Pessac pour deux soirées de concerts gratuites jusqu’à 01h.

Photo : Campuls’

Au programme : de l’électro avec le live hypnotique d’Obsimo (en photo), mais aussi du rock avec Dätcha Mandala  et du rap avec l’habitué de la maison Odezenne ou encore Georgio.

Après ces deux soirées de concert, le festival continue en s’extrapolant dans tous les lieux de vie des étudiants, de la salle de spectacle du campus (la M.A.C du Crous) à la cafétéria.

 

vendredi 27 : Boiler Room par tplt

Evénement dans le milieu de la musique électronique bordelais : les soirées Boiler Room débarquaient pour la première fois dans la ville, dans un lieu aussi exceptionnel que sous-exploité : la Base Sous Marine.

Le célèbre organisateur des soirées diffusées en streaming faisait sa première à Bordeaux, évènement arrivant comme la confirmation du dynamisme de la scène électronique bordelaise. En co-organisateur tplt, un des collectifs ayant oeuvré pour le renouveau de celle qu’on appelait encore il y a quelques années  « la Belle Endormie ».

Au programme, des DJs français uniquement, avec notamment les performances du local Djedjotronic qui partageait l’affiche avec l’acidulée Espilove, mais aussi Janne ainsi que deux back to back des gars de tplt Blumm / Insulaire et Superlate / Theorama.

Pour cette date, un système classique de prévente était en place, contrairement aux invitations parfois utilisée par Boiler Room pour donner accès à ses fameuses soirées. Avantage : premier arrivé, premier servi, et l’aspect « sélecte » mis de côté. Inconvénient : compter un peu moins de 20€, au lieu d’une invitation gratuite.

Photo : auteur

Sur place, légère déception des habitués du lieu : la Boiler Room n’a pas lieu dans la mythique salle de mise en eau des sous-marins, mais dans une salle attenante plus modeste.

La scène est bien équipée avec un imposant système son L-Acoustics monté sur une structure cubique placée au centre. Le rendu sonore est mitigé, l’acoustique difficile du lieu n’aidant pas : il faut se placer sur les côtés les plus étroits pour avoir le meilleur rendu. Bizarrerie de la configuration, les deux façades principales ne comportent qu’une rangée centrale d’enceinte en line-array au lieu de deux (gauche et droite).

Niveau performances, pas de déception : les DJ ont enchaîné des sets originaux sortant des sentiers battus, à l’image du style « rave » prôné par la firme. Les absents pourront se faire leur propre idée avec la sortie de l’enregistrement vidéo prévu pour la semaine prochaine.

 

dimanche 30 septembre : Bordeaux Open Air au Parc Palmer

Bordeaux Open Air, l’association qui a importé le concept du Piknic Électronik dans la capitale girondine, a permis une véritable démocratisation de la musique électronique dans la ville. Détruisant tous les stéréotypes sur cette esthétique musicale, elle a notamment porté l’organisation de « raves » grand public géantes (plus de 8000 personnes pour les plus grandes dates) et régulières (8 dimanches par été).

Ces après-midi festives sont généralement organisées dans des parcs plus ou moins grands de la métropole, relevant ainsi le challenge de la cohabitation avec les voisins. Les visiteurs ont ainsi pu remarquer que le volume sonore a du être baissé dans certains lieux, le voisinage préférant le repos dominical à l’animation culturelle inter-générationnelle.

Photo : auteur

Ainsi, c’est au Parc Palmer que les Open Air prennent toute leur ampleur, d’un point de vue acoustique du moins. Un système son sur-puissant était en place en bas d’un amphithéâtre naturel, graal de tout ingé son, le tout avec une vue plongeante sur le nord de Bordeaux. Malgré la météo capricieuse, des milliers de personnes se sont laissé portées par les basses grasses et les aigus claquants du célèbre système son Funktion-1 piloté par les invités du jour en provenance de São Paulo.

Alors après cette belle et unique date en contre-bas du Château Palmer et aux allures de véritable festival, on se demande : pourquoi pas plus de dates dans ce magnifique cadre ?

Conclusion

C’est ainsi que s’achève cet intense mois de septembre, l’une des rentrées les plus denses de mémoire de bordelais. L’automne peut désormais s’installer en nous laissant avec les souvenirs de cette douce fin d’été.

Si nous devions en retenir quelque chose, ce serait peut être que les meilleures soirées sont celles ayant lieu entre la fin de journée et le début de la nuit, à l’heure où nos corps regorgent d’énergie et où les « démons de minuit » ne sont pas encore de sortie… A méditer pour la saison prochaine !