Astropolis faisait son retour à Brest le week-end dernier pour l’édition hiver de son célèbre festival. Si les festivités d’été au manoir de Keroual font l’unanimité depuis 25 éditions, nous avons voulu tester le riche programme de son pendant hivernal. Entre bourrasques de vent et raz-de-marré d’artistes, récit d’un weekend mouvementé.

Un main event à taille humaine

L’évènement principal de cette édition hivernale se déroule à La Carène, hub musical comportant deux salles de concert et des studios de répétition, sur un créneau 22h – 04h.

La soirée du vendredi, complète le jour même, a accueilli les performances de Monolithe Noir accompagné sur scène par un batteur, le très attendu duo live de Lucy et Rrose sous leur allias Lotus Eater et surtout la palestinienne SAMA’ dont le closing a véritablement fait sensation.

A côté, dans la plus intimiste salle « Club » et sa scénographie faite de vieux écran d’ordinateurs enrichis d’un mapping, les organisateurs ont fait le pari audacieux d’aligner uniquement des formations live plutôt orientées garage / cold wave, avec Bracco, Dj Varsovie puis Parrish Smith pour la clôture.

La soirée du samedi, également complète, a accueilli la britannique Moxie, le parisien Folamour et sa house endiablée qui ont fait bondir la salle à plus d’une reprise et enfin Dj Pierre dont le début de set catastrophique aura eu raison de notre motivation à rester plus longtemps.

Propulsés par un sublime système son Adamson (et L-Acousitcs dans la petite salle), les sets de la Grande Carène ressortaient parfaitement, aidés par l’irréprochable acoustique de la salle de spectacle. Une régal pour les oreilles enrichi par l’excellent travail des ingé lumières. Côté bar, on apprécie au contraire de ne pas se faire allumer avec des prix plus que corrects (5,50€ la pinte de bière et 2,80€ le verre de vin).

Globalement, on aura également apprécié la gentillesse du staff, aussi bien au bar que dans les différents stands. Au passage, +1 à Dj Varsovie venu lâcher des vinyles de son label Intervision pour 5€, évidemment tous écoulés en 1h.

Le Dôme, la belle surprise du week-end

En parallèle de la soirée à la Carène, un évènement sobrement appelé « DÔME » (en référence à la scène tremplin du festival d’été) était organisé jusqu’à 06h30 dans le club La Suite situé à quelques pas. On pouvait croire qu’il s’agissait d’une sorte de « soirée bis » pour ceux.lles qui n’avaient pas réussi à avoir leur ticket pour l’évènement principal. Il n’en est rien. En réalité, c’était pour nous LE temps fort du festival.

D’abord le club, dont les deux salles bien agencées n’ont pas été blindées, était emplit d’une ambiance joviale et bon enfant à laquelle on ne s’attend pas forcément avant d’entrer dans ce type de lieu. Arrivés sobre, nous sommes ressortis ivres de joie, sans même consommer.

 

Ensuite et surtout, la qualité dans le booth était tout simplement stupéfiante : du live techno sur machines des sous-côtés ATLANTIC au set sombre de Théo Muller en passant par la tech-house du boss de Texture Yann Polewka, la maîtrise était au rendez-vous. Ces sets de haute volée étaient sans aucun doute la raison de l’ambiance survoltée.

 

Au delà des soirées, des formats exploratoires

La semaine avait commencé avec une conférence sur la sexisme et les agressions sexistes dans l’évènementiel, sujet qui fait enfin surface avec la mouvance féministe émergente depuis #METOO.

La salle était comble avec une cinquantaine de participant.e.s et les chiffres sont venus confirmer un ressenti global longtemps passé sous silence : les programmations de musiques actuelles et les équipes permanentes des festivals ne comportent que 17% de femmes, et une femme sur cinq a déjà été agressée sexuellement dans le milieu artistique. Des chiffres effarants qui appellent à l’action.

En guise de mise en pratique, le festival organisera le samedi un atelier d’auto-défense à destination des femmes et personnes non binaires afin d’apprendre à riposter en cas d’agression physique ou verbale.

Côté musique, le festival a pris les devants en terme de médiation culturelle avec des Masterclass sur la production de musique, une initiation au mix et une autre au VJing. Nous avons participé à celle animée par Maoupa Mazzocchetti venu présenter son setup hardware et montrer comment il façonne ses lives.

 

L’artiste a déroulé ses compétences pour expliquer aussi bien sa démarche artistique que parler des côtés plus techniques liés au choix de sa configuration : rôle respectif de chaque machine, parcours et traitement du signal, etc. Une rencontre captivante pleine d’enseignements.

L’édition hiver d’Astropolis est donc très riche sur de nombreux plans et montre le dynamisme de ce collectif capable de mettre en action une grande variété d’acteurs culturels, enrichissant ainsi le paysage électronique français.

Nos tracks IDs du weekend

(Liens YouTube)

Joué par Folamour :  Emmanuel Jal feat. Nyaruach – Ti Chuong (MB & Soul Remix)

Joués par SAMA’: 2pole – Sweeter ; Greyhawk – Gj 504 B ; Niereich – Shaman Spirit

Joués par Moxie : Big Miz – The Bomb ; Strike – U Sure Do (Guest List Mix) ; Direct 2 Disc – Don’t Stop

Joué par Théo Muller : Robert Hood – Power to Prophet